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par Bastien Bonnargent - MJCF 31

Marcher sur nos deux jambes : pour une planification des formations professionnels !

Face aux défis sociaux, environnementaux et industriels de notre époque, la formation professionnelle joue un rôle central. Mais aujourd’hui, elles peinent à offrir de véritables perspectives aux jeunes et à répondre aux besoins de transformation du pays.

Deux évolutions s’imposent : une transformation des dispositifs de formation, et une planification démocratique des formations.

Le MJCF peut appuyer sur ces deux leviers qui nous permettrons à la fois de nous implanter sur les lieux de formations professionnelles, et de porter un projet politique et économique construit pour révolutionner la France.

I – Ouvrir des perspectives pour les jeunes en formations professionnels

Depuis plus de deux ans, le MJCF développe son adresse sur la question du lycée professionnel, et par extension sur l’ensemble de la voie professionnelle.

Durant ces quelques mois, la bataille que nous avons menée aux côtés des organisations syndicales contre la réforme Grandjean nous a permis de répondre à plusieurs objectifs.

Le premier d’entre eux : identifier les problématiques spécifiques aux élèves et formations de la voie professionnelle.

Considérées comme “voie de garage”, ces dernières souffrent d’un manque criant de perspective, puisque considéré par les libéraux comme un simple moyen de répondre de façon immédiate à un besoin de main-d’œuvre, peu chère et malléable.

Par extension, les élèves concernés – qu’ils soient en lycée pro’ ou en apprentissage – sont ceux qui subissent le plus les politiques de ségrégation sociale, de précarisation des jeunes et d’invisibilisation dans le débat public.

Nous devons donc ouvrir des perspectives nouvelles pour ses milliers de jeunes, et c’est ce que nous avons entamé avec notre revendication pour un véritable statut du stagiaire.

En interrogeant les réalités vécues – à travers les stages et leur rémunération – et le contenu des formations – en pointant l’existence d’une exploitation économique des stagiaires – celle-ci nous a permis une approche très politique, et de proximité des élèves.

N’importe quel élève – peu importe sa filière professionnelle – a été, à un moment donné, confronté à une des problématiques concernant : 1) la recherche de stage, 2) leurs contenus, ou 3) leur faible rémunération.

En proposant d’agir directement sur le dispositif de formation en révolutionnant le stage, les jeunes communistes se donnent les moyens de développer quelque chose d’immédiat à offrir pour changer la vie de ses jeunes.

Cette revendication nous permet donc de développer du matériel efficace et de nous implanter rapidement sur les lycées professionnels.

II – Donner du sens à la formation professionnelle : planification des formations !

Mais nous pouvons renforcer encore notre adresse, en ouvrant notre campagne pour revendiquer une véritable planification des formations professionnelles.

Si les formations professionnelles sont aujourd’hui décriées, elles se révèlent pourtant plus indispensables que jamais.

Jamais dans sa période récente, la France n’a été confrontée à un tel besoin de produire et de développer pour répondre aux besoins, et aux enjeux sociaux et environnementaux.

Les défis sont nombreux : réindustrialiser le pays, décarboner l’industrie, développer notre parc énergétique, inventer et produire les véhicules de demain, etc.

Investir dans la recherche et construire des infrastructures ne sert à rien, si nous ne sommes pas en mesure de former en parallèle les ingénieurs, les techniciens, les ouvriers qui les feront vivre.

Nous devons être en mesure de marcher sur nos deux jambes : planifier les besoins et les productions nécessaires, et former toute une génération de travailleurs compétents et conscients de l’ampleur de ces défis.

Nous pouvons donc être moteurs d’une planification démocratique des formations : sortons des logiques court-termistes, et poussons les filières indispensables pour répondre à ces défis.

Le MJCF peut dans les mois à venir identifier les filières stratégiques et revendiquer l’ouverture de tant de filières en bac professionnel dans les métiers indispensables.

Nous pouvons proposer de financer l’ouverture de ces filières en réduisant drastiquement les aides versées aux entreprises, 25 milliards d’euros en 2024.

Plutôt que d’arroser sans condition les entreprises d’argent public pour l’embauche d’apprentis, ou de favoriser des formations en fonction des besoins immédiats de l’usine du coin – ce qui conduit à des pénuries de main-d’œuvre – nous pourrions ouvrir des formations qualifiantes, nécessaires et donner tout son sens à la voie professionnelle.

Appuyer sur la planification nous permet de créer des ponts entre notre adresse déjà existante sur le LP, et notre volonté de revendiquer localement des créations d’emplois.

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