International
par Walid El Mghari - MJCF 81Sortir de l’UE, une rupture nécessaire
Le 43e congrès a affirmé notre volonté d’une sortie de la France de l’Union européenne, et même la dissolution de celle-ci au profit de nouvelles formes de coopérations. C’est que l’enjeu est de taille, tant la question européenne fait la jonction entre enjeux nationaux (délocalisations, dépeçage des services publics…) et internationaux (guerre en Ukraine notamment).
À l’heure où la « construction européenne » semble s’accélérer (élargissements, ingérences à l’étranger, tentation fédéraliste…) il est important de réaffirmer notre opposition à ce projet ; ce 44e congrès en est l’occasion.
Une construction antidémocratique
On l’a beaucoup rappelé lors des dernières élections européennes : l’UE s’est construite contre l’avis des peuples. L’exemple le plus frappant (et le plus cité) est certainement le référendum de 2005 : censé instituer une constitution pour l’UE, il est rejeté par 54 % des votants en France et 61 % aux Pays-Bas. Ce qui n’empêche pas la signature, en 2007, du traité de Lisbonne, qui reprend en fait l’essentiel du texte rejeté deux ans plus tôt.
Un autre exemple est celui du « Parlement » européen. Créé en 1952 (comme « Assemblée commune » de la Communauté européenne du charbon et de l’acier) il a dès le départ des prérogatives extrêmement limitées et peu politiques. Malgré des évolutions depuis, il conserve cette relative inutilité ; en particulier, il ne peut pas être à l’initiative de propositions de lois, le cantonnant de fait à un simple rôle de chambre d’enregistrement de la Commission européenne.
Fondamentalement au service de la bourgeoisie
L’Union européenne est intrinsèquement un outil au service des capitalistes, et ce, jusque dans ses traités les plus fondamentaux : c’est notamment le cas de l’Acte unique qui permet depuis 1987 la libre circulation des capitaux et des entreprises. Avec les conséquences que l’on sait : entre 2018 et 2020, 72 % des entreprises ayant délocalisé l’ont fait au sein même de l’UE.
Sur un autre registre, rappelons que l’Union européenne ne fait pas mystère de son caractère anticommuniste : ainsi en 2019, le Parlement européen (de l’extrême-droite à la social-démocratie) adoptait une résolution sur « l’importance de la mémoire européenne », vantant les bienfaits de « l’Europe libre et démocratique » et de l’OTAN face au communisme, assimilé aux horreurs nazies au mépris de l’histoire.
Impossible à réformer
Malgré ces constats, un débat demeure entre tenants d’une réforme de l’UE et ceux d’une rupture. Nous sommes de ces derniers, et nous avons raison. L’UE est en fait complètement verrouillée : d’une part, le parlement européen a des prérogatives très limitées et, surtout, ne peut proposer de lui-même des lois, encore moins une réforme ambitieuse de l’UE. Par conséquent, même une majorité communiste à Strasbourg (on peut rêver) n’y changerait rien, le pouvoir réel étant de toute façon réservé à la seule Commission européenne.
D’autre part, la règle de l’unanimité rend de fait impossible une réforme initiée directement par des États membres. D’autant qu’un tel processus prendrait vraisemblablement plusieurs années, laps de temps durant lequel le moindre changement de majorité ou de gouvernement dans un État membre serait susceptible de faire revenir un tel processus à la case départ.
On pourrait être encore plus exhaustifs sur les dangers de l’Union européenne ; mais déjà l’UE apparaît comme un carcan, pensé par et pour la bourgeoisie, et qui ne laisse aucune possibilité aux peuples d’en faire autre chose. Revendiquer la sortie de la France de l’UE n’est que la conclusion conséquente de ce constat.
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