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par Shana Maisueche - MJCF 13

Pourquoi être révolutionnaire, c’est être majoritaire ?

Une révolution, c’est une transformation radicale des structures sociales, économiques et politiques d’un Etat. Le MJCF considère deux prérequis à la révolution :

  •  avoir un soutien massif de la population
  • penser une stratégie qui permette la mise en place durable de la révolution.

Pourquoi notre mouvement cherche à devenir une organisation de masse et considère qu’être révolutionnaire nécessite d’être majoritaire ?

Être nombreux à agir : le préalable à l’action révolutionnaire

Se dire radical ou révolutionnaire est à la portée de tous. Pourtant, si nous voulons avoir un impact concret et mener la révolution, nous avons besoin d’être massifs. Plus nous serons nombreux, plus les actions que nous allons entreprendre pourront avoir un impact fort sur le réel.
Notre vision de la radicalité se base moins sur l’intensité des idées que sur notre volonté de s’attaquer aux fondements du sujet sur lequel nous souhaitons agir.
Être nombreux à nous mobiliser de manière simultanée nous permettra de réaliser des actions impactantes sans avoir à user de la violence. Le nombre nous permettra d’être plus radicaux que si nous agissons de manière sectaire/minoritaire.
Seule une mobilisation de masse permettra des ruptures significatives et déstabilisera véritablement les institutions bourgeoises.
La massification doit donc être le premier enjeu du révolutionnaire et est la condition sine qua non à la dynamique révolutionnaire.
Dans notre militantisme, cet objectif doit se traduire par une volonté de faire en sorte que nos groupes militants soient véritablement ouverts et accueillants. Nous devons donc veiller à intégrer nos nouveaux militants et à nous montrer le plus inclusif possible. Chercher à massifier l’organisation demande également d’aller parler au plus grand nombre, au-delà des jeunes déjà communistes ou déjà politisés.

Travailler l’hégémonie culturelle : devenir majoritaire dans les idées

Être massif ne se fait pas en un claquement de doigts, mais surtout ne suffit pas. Nous devons réussir à développer chez un maximum de personnes une conscience de leurs intérêts de classe ainsi qu’un minimum de connaissances politiques.
Pour cela, les idées révolutionnaires doivent devenir hégémoniques, de manière à ce que les valeurs communistes soient perçues comme légitimes et naturelles par la majorité de la population (ce qui nous permettra également de massifier plus facilement).
Notre discours doit être le plus accessible possible afin de déconstruire les valeurs capitalistes et permettre la formation de tous.
Cette bataille culturelle se joue dans les médias, mais passe également par des actions culturelles concrètes. Nous devons à la fois passer par la culture légitime et légitimer la culture populaire. Ce prérequis nous demande d’investir le monde de la culture (théâtre, exposition, musique, cinéma) afin d’y insuffler les idées révolutionnaires. Pour cela, nous devons nous ancrer dans les associations sportives, culturelles etc.
Cette infiltration de la culture nous permettra d’enraciner les idées révolutionnaires et de parler au plus grand nombre.
Au quotidien, cela peut passer par le développement d’un lien avec les associations locales déjà existantes mais également par l’organisation d’actions culturelles en notre nom. Elles peuvent prendre la forme de concerts, de ciné-débats réguliers ou encore d’expositions de photos, faisant toujours un lien avec la politique et les valeurs communistes.

S’appuyer sur une structure forte et renforcer les liens internes

Nous voyons donc que devenir majoritaire, si bien par le nombre que par les idées, est nécessaire à la tentative révolutionnaire. Cette stratégie de massification permettra de dépasser l’ensemble du clivage “révolution par les armes ou révolution par les urnes” (qui ne représente pas vraiment un clivage de stratégie comme on peut l’entendre, mais plutôt un clivage contextuel). Nous devons donc mettre fin à une vision fantasmée de la révolution armée en posant la masse comme préalable à toute action visant à reprendre l’État. Sans masse, ni révolution armée, ni victoire électorale possible.
Pour cela, nous devons considérer notre organisation comme un outil. Il est dans notre intérêt de constituer un parti de masse. Nous devons être en capacité de produire et de préserver nos propres structures et d’y développer la démocratie sociale afin de concurrencer les institutions bourgeoises.
Concrètement, nous devons au maximum privilégier les consensus et minimiser les dissensus. Afin d’éviter les clivages inutiles, nous devons permettre un débat libre et éclairé qui permette de construire une ligne commune et facilite l’unité dans nos actions. En renforçant notre démocratie interne et en acceptant de faire des compromis au sein de notre organisation, nous favorisons une structure à même de renverser le capitalisme.

En conclusion, il est évident que nous nous devons d’être majoritaires pour parvenir à la révolution. Pour cela, nous devons gagner la bataille idéologique et offrir des structures saines dans lesquelles former le plus grand nombre tout en évitant les clivages inutiles.

La radicalité c’est la masse, construisons là !

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