Rôle du MJCF
par Assan LakehoulÊtre une orga de masse ne se décrète pas : donnons-nous en les moyens
Lors de notre dernier Congrès en 2022, nous avons affirmé avec force notre ambition d’être une organisation de masse. Depuis, lors de tous nos temps nationaux (ANA, CN…) nous nous efforçons de prendre des décisions allant dans ce sens. En interne du mouvement, je crois aussi que nous avons convaincu largement de cette nécessité. Rares sont les camarades à remettre en cause cela aujourd’hui.
Pourtant, dans les faits, nous peinons encore à apparaître véritablement comme une organisation de masse. Si nous sommes désormais convaincus d’une telle nécessité, nous devons nous en donner les moyens. En l’état, nous risquons d’atteindre rapidement un plafond de verre en termes de nombre d’adhérents et d’influence. Cela implique d’assumer une remise en question des activités que nous proposons à nos adhérents et à la jeunesse, ainsi que notre manière de nous structurer sur le territoire.
Pour construire une organisation de masse, il nous faut passer de la théorie à la pratique !
Des activités militantes diversifiées et de masse
À la JC, le geste militant classique et central est la distribution de tract. C’est essentiel. C’est ce qui nous permet de proposer notre analyse, nos revendications, de mener la bataille des idées, d’inviter à un évènement. Le tract doit évidemment être un prétexte pour une rencontre, une discussion, un échange, entre un militant et un jeune pas encore adhérent.
Force est de le constater, si elle est essentielle, la diff seule n’est que peu efficace. Elle ne se suffit pas à elle-même. Les jeunes qui adhèrent suite à une diff sont souvent des jeunes déjà convaincus, déjà communistes, déjà prêt à se battre pour une cause que nous défendons. Si nous n’arrivons pas à diversifier notre activité militante, nous allons vite atteindre un plafond de verre. Bien souvent, lorsque nous traitons devant un lycée, nous n’avons à proposer aux jeunes qui laissent leur contact qu’à… venir tracter avec nous la semaine prochaine. Cela nous fait tourner en rond et ne permet pas de mettre massivement des jeunes en dynamique. Nous voulons être une organisation de masse, il faut donc aller plus loin.
Depuis quelques années, nous avons décidé d’organiser de nouveaux des temps festifs, des temps sportifs, des temps populaires. Ce vieux geste d’orga de la JC est remis au goût du jour, et ça fait du bien ! Organisés par les Jeunes Communistes qui ne s’en cachent pas, ces temps sont forcément politiques. Il y a toujours un mot politique du ou de la secrétaire fédérale, il y a souvent notre journal Avant-Garde, il y a régulièrement notre matériel du moment. Au-delà de la visibilité de la JC dans ces moments, ces temps permettent de lutter contre l’isolement, le repli, le manque de lien social. Nous savons que le RN prospère là-dessus. Organiser des temps populaires, c’est une façon de lutter contre l’extrême droite !
Ces temps nous permettent aussi de mobiliser des réseaux locaux. Contacter un groupe de musique, un humoriste pour une scène de Stand-up, un DJ, un club de foot, permettra à la JC d’entrer dans le réseau de ces acteurs de la culture ou du sport qui brassent forcément des jeunes. Voilà donc une manière simple d’amener à la JC des jeunes pas forcément politisés. Une fois que la première porte a été franchie, à nous de réussir les adhésions, en apparaissant comme des militants ouverts, sympathiques et enthousiastes, bref, des jeunes normaux (sans conformisme de ma part !).
Les gestes de solidarité concrètes se développent aussi à la JC, et c’est une bonne nouvelle. Nous avons intérêt à faire vivre la solidarité de classe à notre échelle en réponse à celles et ceux qui veulent nous diviser sans cesse. En plus, nous devons montrer que nous sommes une organisation utile immédiatement, au-delà des combats que nous menons à long terme. Une partie de la jeunesse qui cherche à s’engager cherche une utilité immédiate. Une autre partie peut-être convaincue par une organisation qui l’a aidé individuellement. Alors faisons-le !
Le tractage est une activité appropriée à la JC, mais si nous ne faisons que ça, nous ne progresserons bientôt plus. Les temps populaires ou la solidarité concrète commencent à prendre, nous devons aller plus loin et multiplier ces gestes. Nous devons en faire plus, et le faire mieux ! Trop de fois, les temps populaires ne rassemblent que des militants. Allons chercher des réseaux, prenons le réflexe de prendre des contacts et de les rappeler pour ce genre d’initiative.
Des structures de proximité pour être vraiment au plus proche des jeunes
Nous le répétons tout le temps, pour parler aux jeunes éloignés de la politique, il faut non seulement parler de leurs préoccupations, mais aussi aller à leur rencontre avec un militantisme régulier et ciblé. Seul un échelon à la JC permet ça, c’est le groupe militant. Un groupe est un rassemblement de quelques camarades (3 suffisent) rattachés à un lieu de militantisme, et non à un territoire comme c’est trop souvent le cas.
Avoir des militants de proximité permet de ne pas nous épuiser, et d’être identifiés à un endroit précis. C’est obligatoire pour pouvoir organiser des luttes, pour être réguliers, pour pouvoir être sollicités, et pour pouvoir connaître les problématiques d’un lieu de jeunesse. Sans groupe, comment militer toutes les semaines au même endroit ? Or, nous savons que cette régularité est nécessaire pour faire des adhésions.
L’échelon de l’Union de Ville est utile pour se réunir, pour organiser des initiatives d’ampleurs comme mentionnées ci-dessus, mais pas pour organiser le militantisme quotidien. Toutes les fédérations n’ont pas besoin d’Union de Ville, en revanche toutes les fédérations ont besoin de groupe.
Il faut qu’on passe ce cap. Sans groupes, juste avec des UV, on ne sera jamais des dizaines de milliers.
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