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par Gabriel Six - MJCF 34

Porter des revendication claire sur la question de la drogue

La question des psychotropes à usage récréatif est une question vaste puisque concernant un large éventail de substances, mais ici celle plus recentrée de la « drogue » est une question de politique que nous nous devons d’étudier. Ici drogue fait référence au statut juridique des substances interdites à la vente et la consommation (il y a des substances certe légal comme le tabac et l’alcool qui posent aussi problèmes, mais nous nous concentrons ici sur les illicites). Ces différentes substances posent (chacune différemment) un problème sanitaire et social dans notre société. Ce problème touche principalement la jeunesse. Y apporter une réponse politique claire est nécessaire.

1. La Répression, la réponse appliquée jusque-là

La réponse politique apportée par les différents gouvernements de ce monde sur les problèmes de la Drogue a toujours été la répression : Interdiction de la production, de la distribution, de la vente et (un peu moins maintenant) de la consommation. Le résultat après plusieurs décennies : Une aggravation du problème.

Oui les différentes Drogue interdite (et licite) pose des problèmes sanitaire et social grave, il est nécessaire d’y trouver des solutions qui tendent vers l’arrêt de leur consommation. La répression n’est pas une de ces solutions. Nous le savons, la politique de répression, et plus largement d’interdiction, ne sont que des politiques de contrôle social trouvé par la bourgeoisie et sa classe dirigeante pour accentuer les inégalités social et donner des leviers à l’état pour maintenir une partie de la population dans la précarité et l’exclusion et aider à maintenir le système de domination. Cette politique appliquée depuis plus d’un demi-siècle n’a fait qu’aggraver les problèmes liés à la Drogue et en a créé de nouveau puisqu’elle a généré un cortège de commerce parallèle et illégale amenant violence, division social et (ironiquement) promotion de la consommation de Drogue. L’un et lié à l’autre, rendre illégale et répréhensible une pratique en cours (Quelle que soit la nature néfaste de cette pratique) ne la supprime pas et ne fait que rendre cette pratique plus dure à voir et à contrôler. Dans le cadre de la Drogue, elle a permis l’émergence d’un commerce parallèle (à présent ancrée dans notre société), a rendu le fait de parler correctement du problème dur voire impossible et à accentuer les problèmes sociaux et sanitaires. On ne va pas s’étendre plus sur le sujet, je pense m’adresser ici à des camarades qui connaissent l’étendu du problème.

Interdire et réprimer la consommation de Drogue n’est que la solution de la bourgeoisie pour mettre ce problème à leur service. Il ne résout rien, n’y après tout ce temps ni au long terme, même avec plus de moyens et de violence.

2.L’assouplissement de la répression, une solution en demi-teinte

On peut voir depuis les années 90 – 2000 dans les différents états du monde un assouplissement de l’interdiction et de la répression avec une dépénalisation de la consommation ou la création de lieux légaux de consommation. Ces solutions, néanmoins toujours sous l’égide de la répression, amènent une diminution des problèmes sanitaires et sociaux. Les salles de shoot permettent une consommation moins dangereuse de dures drogues amènent dans la plupart des cas un à accompagnement médical. La dépénalisation, voire la légalisation de certaines substances (comme le cannabis) allège les problèmes sociaux liés à ces drogues.

Mais ces solutions, même sur le long terme, ne mettent pas fin au problème. Les dispositifs comme les salles de shoot, ne fournissant pas les substances, laisse leur population aller se fournir sur les marchés illégaux. La légalisation du cannabis n’apporte peu voir pas de suivi médical et ouvre un marché privé (capitaliste) de la drogue. Le marché privé, certes légal, de la drogue reste un marché capitaliste qui a besoin de croissance, conséquence de quoi il y a aujourd’hui dans les pays, où le cannabis est légalisé, de la promotion dans l’espace publique pour cette substance. En France la légalisation du CBD fait ouvrir des commerces qui font la promotion du CBD. Certe, il permet une porte de sortie pour la plupart des consommateurs actuels, mais est aussi une porte d’entrée pour ceux qui ne consommaient pas avant.

Ce sont ici des solutions en demi-teinte qui ne permettent pas d’entrevoir la fin des problèmes liés à la Drogue.

3. Quel doit être la réponse des Communistes ?

La réponse que nous devons apporter est celle du collectivisme. Nous devons revendiquer un nouveau pôle public de la Production et Distribution Psychotrope Récréatif. Cela signifie la création d’une force publique de la production et distribution des substances psychoactives en lien avec les services publics de la santé et du social. Alors oui, cela veut dire revendiquer que l’état (et par extension des fonctionnaires) fasse pousser et vende de la drogue, mais même si la revendication peut être choquante, c’est bien là que nous trouvons la solution aux problèmes sanitaires et sociaux de ces substances. Cela veut dire aussi revendiquer qu’il y est du personnel médical (médecin, addictologue et psy) dans ces centres, qu’il soit réparti dans tout le territoire et qu’il tende à la bienveillance avec ceux qui viennent et leurs addictions.

Un tel dispositif asphyxierait les marchés illégaux de Drogue, purement et simplement. Il permettrait un accompagnement médical et social de tous les consommateurs. Il permet un contrôle du prix, qui est aussi un facteur sur les problèmes sociaux liés à la drogue. Il ouvrira des emplois et peut même permettre une réinsertion des petites mains des marchés illégaux de la Drogue. Contrairement au marché privé, seul un service peut tendre vers sa propre extinction en poussant ses « client.e.s » à ne plus consommer. Sur le long terme, c’est la seule solution qui permet vraiment la fin du problème.

Dans un premier temps, nous pouvons mettre en avant des revendications déjà en gestation actuellement ou trop peu financées : renforcement des campagnes de préventions, programme de substitution, dispositif de distribution de matériel stérile, test des drogues en milieu festif, programme de désintoxication ET de réinsertion sociale ect… Mais ces revendications doivent être liées à la proposition d’au-dessus comme étant les premières étapes d’un projet plus global. Et puis ses solutions citées au-dessus suppose déjà que l’interdiction doit être remise en cause (donner du matériel stérile ou tester les drogues en milieu festif veut dire aussi qu’on aide à consommer et qu’on accepte le problème de la drogue comme faisant partie de la société et pas juste un phénomène en marge)

Il est important pour le MJCF d’avoir une revendication solide sur la question, d’autant plus face à la jeunesse qui est la plus touchée par le problème. Rester sur les positions actuelles de la bourgeoisie, même atténuer avec des mesures en demi-teinte que l’on a vue avant, c’est passer pour déconnecter de la jeunesse.
C’est une revendication de rupture qui rompt avec la solution de la répression, mais rompt aussi avec les logiques tronquées (et réactionnaires) sur le sujet. Une telle revendication permet de convaincre les jeunes qui ont aujourd’hui un regard sérieux sur leur consommation ou celle de leurs proches qui ont compris les limites de la répression, mais ne promeuvent pas pour autant une légalisation stupide à tout-va. C’est aussi convaincre dans les quartiers par une revendication qui ne va pas contre ceux qui vendent, mais qui propose une sortie du marché illégal vers un marché légal et contrôlé. C’est enfin proposer un contre discours à l’extrême droite (et plus largement les partis bourgeois) qui instrumentalise le problème pour camoufler leur politique réactionnaire et raciste en proposant une réelle porte de sortie du problème et en posant une réflexion matérialiste sur la question.

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