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par Julie Biron - MJCF 93

Une organisation saine pour toutes et tous

Notre engagement au sein du MJCF est issu de notre volonté de défaire le monde de la domination des uns sur les autres – du capitalisme, donc. On sait que de ce système découle d’autres asservissement, tous basés sur de la discrimination. Parmi eux, le système patriarcal, qui repose sur le sexisme.

Si nous avons pour but de combattre et de dépasser ce système, il est de notre devoir de d’abord lutter contre toute forme de traitement différencié au sein même du MJCF.
Les problématiques liées à des discriminations de genre, que nous dénonçons au quotidien dans notre militantisme, doivent donc être éradiquées de notre organisation. Nous entendons ici que tout propos ou geste à caractère excluant, sexiste ou sexuel, ainsi que les violences sexistes et sexuelles (agressions et viols) n’ont pas leur place au MJCF. Dès lors, il faut se doter d’outils de prévention et de sensibilisation pour que chaque camarade soit au fait de la tolérance zéro face à ces comportements au sein de l’organisation, et que s’en rendre coupable peut faire l’objet d’une exclusion définitive du MJCF.

Par ailleurs, ayant vocation à être une organisation de masse, il est primordial de s’assurer que nos cercles militants le permettent. Autrement dit, faire adhérer des milliers de jeunes à une organisation dont l’ambiance ou les pratiques sont excluantes ou dangereuses pour l’intégrité physique et morale ne permettra pas une émancipation libre, saine et sécurisée à celles et ceux souhaitant rejoindre le MJCF, et sera contre-productive.

Être inclusif, tout le temps :


Chaque contact et adhérent doit pouvoir se sentir intégré et en sécurité au sein du du MJCF. Il est de la responsabilité de chaque adhérent, et d’autant plus de chaque cadre, d’être attentif et préventif à un quelconque comportement qui pourrait être discriminant ou violent.
Dans les temps de réunion, il faut s’assurer que chacune et chacun puisse prendre la parole. Cela induit de prévenir en amont de l’ordre du jour, de mettre systématiquement en place un tour de parole, de savoir signaler aux camarades prenant beaucoup d’intervention et/ou des interventions trop longues qu’il faut laisser la place à chacun de s’exprimer, etc. Les camarades récents dans l’organisation ont tendance à moins prendre la parole, il faut leur laisser l’espace de le faire. A l’inverse, on évitera de leur signaler qu’ils n’interviennent pas assez, ce risque de s’avérer tout-à-fait contre-productif. Les camarades femmes, du fait du système patriarcal dans lequel nous évoluons, ont plus tendance à s’auto-censurer, à s’inscrire plus tard dans le tour de parole ou à ne pas s’exprimer sur certains sujets qu’elles pensent moins maîtriser. Tous les gestes d’organisation visant à donner la parole à tous et toutes sont donc un rempart essentiel contre les manifestations du patriarcat au sein de l’organisation. C’est essentiel pour que chaque camarade puisse se sentir à l’aise, mais aussi enrichir les débats, apporter de nouvelles idées et perspectives, et exercer son droit démocratique d’adhérent·e.
Au-delà de laisser de l’espace, il faut proscrire tout comportement irrespectueux ou insultant : interdit de couper la parole, de se moquer, etc. Les camarades se doivent le respect mutuel, peu importe leur ancienneté, leurs potentielles responsabilités, les différences d’expérience politique, etc.
Lorsque des temps internes (réunions, soirées, formations, etc.) ou le militantisme de terrain (tenue de tables, participation à un évènement, etc.) demande de la préparation matérielle, il faut veiller à ce que la gestion des tâches ne reproduise pas la répartition genrée : chacun doit participer au ménage, au rangement, etc. De la même manière, il est crucial de veiller à ce que les tâches techniques ne soient pas opérées par des camarades femmes et que le travail plus politique soit laissé aux camarades hommes. Les camarades femmes ne doivent pas être cantonnées aux seules responsabilités d’organisation quand les camarades hommes vont donner les formations, représenter la fédération auprès des partenaires, etc.

Les soirées :


Les soirées, qu’elles soient entre camarades ou ouvertes au public, ne doivent pas être un lieu de surconsommation d’alcool. Au-delà, les temps de sociabilité au sein du MJCF ne doivent être centrés uniquement sur la consommation d’alcool. C’est une pratique excluante, en plus de présenter des risques pour la santé des adhérents. D’autres types de temps peuvent être développés : sorties culturelles, projection de film, jeux de société, etc.
La consommation d’alcool, ni aucun autre facteur ne peut permettre ou excuser un comportement de violence, qu’elle soit verbale ou gestuelle, envers d’autres camarades ; par ailleurs, se rendre coupable d’agression sexistes ou sexuelles ou de viol sous emprise de l’alcool accroît la responsabilité de l’auteur.
Les temps festifs du MJCF, locaux ou nationaux, ne doivent pas être des moments de consommation de stupéfiant.
Quelles que soient les relations d’amitiés qui peuvent s’installer entre les camarades, les temps informels entre jeunes communistes demeurent des temps de l’organisation. Tout ce qui a été dit plus haut doit y être appliqué : respect mutuel, proscription absolue de toute forme « d’humour » sexiste, vigilance sur la consommation d’alcool ou de stupéfiants, etc… Les cadres doivent être les garants du bon déroulé de ces temps, et de la sécurité des camarades.

Le folklorisme :


Le communisme est porteur d’une identité historique, philosophique, politique et culturelle forte, souffrant de nombreuses controverses, et faisant l’objet de nombreux fantasmes. La mise en avant abusive ou hors contexte de cette identité peut s’avérer contre-productive, et desservir nos objectifs pour plusieurs raisons :
Étant donné les prérequis nécessaires à la compréhension de certaines références au folklorisme communiste (qu’il s’agisse de blagues, de chants, de débats sur des sujets de niche…), leur utilisation peut facilement être vectrice d’exclusion. Ces pratiques ne sont donc pas à proscrire totalement, mais bien à utiliser avec parcimonie et selon certains contextes.
Étant donné notre objectif de massification, donc de convaincre le plus grand nombre de jeunes en France, on se doit de faire attention à ne pas renvoyer une image caricaturale et fermée qui dessert l’organisation : une glorification inaudible de l’URSS ou d’un autre pays socialiste, des chants sectaires ou des tenues vestimentaires caricaturales sont autant d’éléments qui peuvent donner une image déconnectée de la jeunesse actuelle.
Notre militantisme doit servir notre combat révolutionnaire, et non pour faire plaisir aux historiens communistes. Il faut rester connecté à notre réalité et surtout à celles des jeunes à qui nous souhaitons nous adresser, pour leur donner envie de nous rejoindre. En somme, si nous pouvons et devons être fiers du patrimoine communiste dont nous sommes héritier, il est à diffuser avec parcimonie, dans certains contextes et de manière à n’exclure personne. Par exemple, on peut produire des carnets de chants à diffuser aux nouveaux adhérents pour les familiariser avec cette pratique, mais pas pour autant s’y entraîner lors d’un rassemblement extérieur.

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