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par Guilhem de Bourmont - MJCF44

Une école du communisme

Quand on est communiste, ou sympathisant communiste, on est conscient de la violence et de la crise du capitalisme. Ainsi que de la nécessité de construire une société débarrassée de l’exploitation, le communisme. Ce qui demande d’abord de passer par une phase de transition, le socialisme.
Après ce petit rappel, on comprend facilement l’utilité d’un parti communiste : il s’agit d’un outil des communistes pour prendre le pouvoir et le garder face aux contre-révolutionnaires.
Alors quelle utilité, quel rôle pour notre organisation de jeunesse ?
Nous ne sommes pas un parti communiste composé uniquement de jeunes, nous ne voulons pas prendre le pouvoir en tant que MJCF, nous ne prévoyons pas de diriger une quelconque révolution de jeunes.
En réalité, notre organisation est (ou doit être) bien plus une organisation de masse qu’une organisation d’avant-garde qui a pour rôle de préparer la révolution et de faire bouger les masses.
Analysons plus concrètement la situation des jeunes et de notre pays à l’heure actuelle.

I – Les jeunes, une place particulière


Les jeunes sont à l’âge de transition entre le cercle familial domestique et l’indépendance sociale et professionnelle. Cette transition est bien sûr une période plus vulnérable pour les jeunes, mais conduit aussi à ce que la plupart des jeunes occupent une place particulière au sein du capitalisme, notamment au travail.
Les jeunes sont donc moins intégrés au sein du marché du travail (où la concurrence règne) et sont contraints bien souvent à des contrats précaires (CDD, stages, apprentissage) moins bien rémunérés ou sont privés d’emploi.
De même, dans un contexte de crise du capitalisme, les services publics liés à l’éducation et à la formation (lycées généraux et professionnels, études) sont attaqués par la bourgeoisie pour faire des économies, tout en reproduisant une main d’œuvre la plus corvéable possible. Cela accentue encore la situation de nombreux jeunes.
Mais les jeunes ne sont pas une classe sociale, si la plupart des jeunes sont moins intégrés au capitalisme, ce n’est d’abord pas le cas de tous (pour certains jeunes issus de familles bourgeoisies, tout va bien) et différentes réalités s’entremêlent entre des jeunes lycéens, ceux qui vont passer leur bac pro, ceux en stages ou en CDD, ceux aux chômages, les étudiants qui sont obligés de se salarier, etc.
En revanche, de part leur place particulière, la majorité des jeunes peut être sensible à notre combat, même s’il ne faut pas minimiser l’influence de forces conservatrices ou réactionnaires chez les jeunes.

II – Révolutionnaires ?


Les communistes sont des révolutionnaires, car ils veulent renverser la classe dominante pour mettre au pouvoir les travailleurs. La révolution a pris de multiples formes au cours de l’histoire de l’humanité et dans notre pays.
Il faut cependant dire que les conditions révolutionnaires ne sont pas encore à l’ordre du jour. La conscience de classe n’est pas très développée au sein des travailleurs, la conscience révolutionnaire encore moins. Si le capitalisme est en crise et ses attaques sont de plus en plus violentes, nous ne sommes pas encore en mesure de le battre. Comme l’indique notre échec à faire retirer la réforme des retraites de 2023 malgré de belles mobilisations.
Bien sûr, il arrive que pendant de courtes périodes de l’histoire, les conditions révolutionnaires se mettent en place très rapidement. Il faut donc se tenir prêts et être capables de nous adapter à la situation et quelle voie emprunter pour y arriver, mais ce rôle-là de prise du pouvoir n’est pas le nôtre, mais celui de notre organisation sœur, le PCF.
Aujourd’hui, l’enjeu d’une organisation révolutionnaire comme la nôtre est de développer la conscience de classe et la conscience révolutionnaire. Ce qui nécessite de parler à beaucoup plus de jeunes, de les former sur ces questions-là et de les organiser.
Pour cela, nous devons partir des questions concrètes qui concernent les jeunes, leur parler de notre analyse marxiste de la situation actuelle et lutter non pas pour des réformes – dans le cadre capitaliste, elles ne seront qu’éphémères – mais un véritable changement de pouvoir : la révolution. Il faut lutter sur deux axes : les petites victoires arrachées par la lutte locale qui nous permettent de nous organiser et de parler aux jeunes et la nécessité révolutionnaire.

III – Une organisation de masse


Le MJCF doit donc être une organisation de masse. Si nous sommes la première organisation politique de jeunesse, nous ne sommes pas encore au stade d’organisation de masse intégrée, présente chez les jeunes, capable de les former, les organiser et organiser des actions d’envergure.
Pour arriver à ce stade, un long travail est nécessaire.
D’abord parler aux jeunes, le plus clairement possible, en utilisant le militantisme régulier dans les lieux comme les lycées, les facs ou encore les foyers de jeunes travailleurs. Mais aussi en développant notre activité sur les réseaux sociaux, surtout Instagram et TikTok qui sont utilisés par la majorité des jeunes.
Il faut être présent sur des sujets qui nous concernent tous qu’ils soient généraux (précarité, etc) ou d’actualité (réforme du bac pro par exemple) pour intéresser les jeunes à nos actions et nos discours et nous implanter.
Il faut aussi se lancer beaucoup plus activement dans la bataille culturelle, face à l’extrême-droite, à la bourgeoisie. Ce qui demande trois choses essentielles : une bonne communication claire et compréhensible, un discours de classe, un travail théorique en amont. Cela est bien sûr déjà amorcé (il suffit de voir nos campagnes et notre matériel encore perfectible bien sûr, passons outre les fautes d’orthographe dans les tracts ou la longévité de nos affiches) mais de manière trop timide, ce qui demande un travail de toutes les fédérations et de tous les camarades. Tout cela doit bien sûr être mis en branle par notre militantisme régulier dans les lieux que nous connaissons déjà, mais aussi nous développer, lorsque cela est possible, dans d’autres lieux, notamment en dehors des villes.

IV – Une organisation utile


En plus d’une organisation qui parle aux jeunes, il faut être une organisation utile, en capacité de lutter, de gagner des victoires, de créer des solidarités et des liens entre jeunes. Nous ne militons pas pour militer, nous voulons améliorer nos vies.
Alors que faire ? Et surtout, que faire avec nos moyens matériels et nos effectifs militants actuels ?
Nous sommes une organisation politique, il faut donc faire des actions politiques ou intéressant des jeunes non ou peu politisés. Deux actions sont donc à mettre en œuvre de manière complémentaire.
La première est de se donner des objectifs atteignables. Nous sommes encore une petite organisation, il est difficile d’engranger de grandes victoires tout de suite, c’est en commençant par de petites victoires qu’on peut se développer. Ces luttes doivent suivre au plus près la vie des jeunes. Plusieurs exemples : lutter contre la fermeture d’une filière d’un lycée pro, faire de Marwan Barghouti ou de Georges Ibrahim Abdallah des citoyens d’honneur d’une commune, etc. C’est en montrant que le MJCF peut engranger des victoires même petites que l’on démontre son utilité.
La seconde est une manière de politiser des jeunes peu intéressés à ce sujet. Pour cela, il faut organiser des évènements tout public ou des actions qui ramènent un public plus large. Au vue de nos capacités militantes, les actions d’ampleur sont plutôt envisageables de manière ponctuelle (une conférence sur tel sujet, un tournoi de football ou d’un autre sport, un évènement culturel type ciné-débat, mais aussi distribution alimentaire solidaire). Néanmoins, si des fédérations veulent tenter d’organiser de manière plus régulière d’autres activités, notamment sportives et culturelles, c’est aussi une très bonne chose.

V – Une école du communisme


Une organisation de masse est certes essentielle, mais il faut aussi qu’elle soit en capacité de former et d’organiser ses membres.
Les formations de type académique (conférence d’une heure et demie) sont certes intéressantes sur le fond, mais attirent peu de militants, il faut donc trouver d’autres moyens de former nos membres et les jeunes en général, que ce soit par les réseaux sociaux, en organisant des formations plus interactives ou en y insérant des éléments plus ludiques, type ciné-débat ou table ronde.
Il n’y a pas de solutions parfaites là-dessus, mais notre travail de formation ainsi que notre travail théorique doivent être développé.
En parlant de ce dernier, je pense qu’il doit être approfondi. En dehors des actions militantes et des moments fédérateurs, on n’a peu le temps d’approfondir la théorie communiste et marxiste-léniniste qui est la nôtre.
L’Union des étudiants communistes organise annuellement une semaine de la pensée marxiste, pourquoi ne pas la généraliser à l’ensemble des jeunes communistes ? Cela permettrait d’inclure tous nos camarades tout en s’adressant bien sûr aux étudiants, mais aussi aux travailleurs ou aux lycéens. Allier le marxisme à d’autres thèmes (l’année dernière, c’était l’écologie) peut intéresser tout le monde.
Enfin, le MJCF est une école du communisme, car il nous apprend à nous organiser, à comprendre comment fonctionne une organisation, ses règles démocratiques, comment éventuellement encadrer et impulser des actions quand on est cadre, etc.
Le MJCF est une école du communisme, car il nous apprend à prendre en main des outils qui nous prépare à la suite de notre vie politique et militante et à agir pour un monde débarrassé de l’exploitation.

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