Militantisme
par Iban Dard--Merle - MJCF 91RENFORCER LE MJCF DANS LA MASSIFICATION
Avec le déclin des organisations politiques et syndicales, et notamment celles communistes, le mot massification s’est rattaché à une injonction ô combien trop entendue : « faites des cartes ». Cette injonction dénature le principe même de massification, car elle ne se base que sur une politique du chiffre. Une organisation communiste doit plutôt rattacher le mot massification à la politique du renforcement, au risque de se social-démocratiser et de faire venir dans ses rangs des ennemis de classes, des tirailleurs sur notre camp social.
Ainsi, nous devons voir dans le MJCF une nécessité de redévelopper une politique ambitieuse de renforcement, qui se concentre sur trois dynamiques conjointement menées : le renforcement des campagnes nationales par leur inscription dans un régime local, le renforcement des militant.e.s dans leur formation politique et le renforcement de notre ligne politique par l’éviction des dangers.
I DES ÉCHELONS D’ORGANISATIONS, DE FORMATION ET DE CONSULTATION
1. Les frontières de nos départements n’existent bien souvent qu’administrativement, et pour la jeunesse que nous sommes, les déplacements transdépartementaux sont nombreux. Nos luttes s’inscrivent souvent en direction d’instances régionales ou académiques (Rectorat, CROUS, Région), et l’action face à une actualité de cette dimension n’est pas facilitée par nos organes statutaires.
Par ailleurs, les trois prochaines années constitutives du prochain Congrès verront se tenir électoralement les régionales. Les JC doivent se saisir d’appels aux urnes afin de mobiliser la jeunesse face à une instance décisive pour nos droits (les lycées, la culture, le droit à la mobilité, la dignité au travail). Bref, ces mini-féodalités doivent être le prétexte pour les fédérations du MJCF de travailler ensemble à la mobilisation de la jeunesse et à leur éveil sur leurs conditions d’études, de travail et de vie.
Ainsi, nous proposons la constitution statutaire d’un nouvel échelon d’organisation qui serait la région. Cet organe régional se structurerait de manière collégiale, réunissant les secrétaires départementaux du MJCF et de l’UEC d’une même région. Ses compétences seraient consultatives vis-à-vis du national (voir ci-dessous), et organisationnelles vis-à-vis d’éventuelles campagnes, actions ponctuelles ou d’entraide.
2. S’il est aisément admis par différentes organisations politiques de jeunesse que la formation politique des militant.e.s de la JC est sans égale, nous devons toutefois intensifier notre politique de formation, la généraliser et la régulariser au risque de mimer à court ou moyen terme le PCF.
Ainsi, en plus des formations organisées par les fédérations et les Unions de Villes, nous proposons l’organisation de formations régionales, comme cela a pu être entrepris au début de l’année 2024, avec une régularité d’au minimum 2 par an. Ces moments permettent d’organiser des formations d’une nature différente de celles dispensées dans les fédérations et donnent la possibilité aux cadres de comparer leurs pratiques afin de se renforcer mutuellement.
Ces formations ont la double vertu de permettre une formation nationale organisée à moindre coût pour le plus grand nombre et la désectorisation des camarades qui ne seraient pas cadres ou qui ne “montent” jamais aux différents temps nationaux, constituant donc un double renforcement de nos camarades.
3. Les campagnes nationales souffrent régulièrement d’un manque de contextualisation qui place le MJCF dans un cadre revendicatif uniquement national. Afin d’apporter cette union dans les luttes entre les différentes fédérations, tout en permettant à ces mêmes campagnes d’être un véritable atout pour la massification, la composition des campagnes et surtout du matériel militant doit se faire en co-construction avec les fédérations. Nous proposons pour cela que l’organe régional (voir ci-dessus) gagne ce rôle consultatif pour le national. Nous rappelons par ailleurs les nombreux gaspillages de papier et par conséquent d’argent relatifs à du matériel de campagne nationale « boycotté » directement ou indirectement par plusieurs fédérations, car peu approprié à la réalité de terrain ou à la stratégie locale mise en œuvre.
Ainsi, renforcer notre coordination, notre formation, nos interrelations et notre matériel militant aura pour finalité de renforcer notre pratique militante et ainsi notre organisation.
II – L’EXCLUSION
Dans la massification, le danger est toujours d’apporter deux types d’éléments :
- Ceux qui cherchent à entrer dans le mouvement pour le perturber, le faire changer ou l’espionner.
- Ceux qui rentrent sur une incompréhension de ligne et se révèlent, malgré des essais de formation, plus problématiques pour l’organisation, sa ligne et ses militant.e.s.
Le renforcement d’une orga peut trouver son outil dans l’exclusion. Nous ne pouvons cautionner des discours tremblants sur les sujets de VSS, de discrimination, de racisme et de LGBTQIAphobie, etc. Nous devons affirmer qu’avoir sa carte à la JC n’est pas un droit, mais une opportunité politique qui nous est donnée.
1. Au regard de cet exposé, le MJCF doit améliorer sa politique d’exclusion. Pour cela, nous proposons l’introduction dans les statuts d’une commission fédérale des conflits qui existerait en suspens et qui se constituerait sur décision de la Coordination Départementale à la demande des militant.e.s qui se sentent lésé.e.s par des propos ou des actes problématiques. Le bureau n’a pas vocation à juger en amont de la situation, mais simplement à statuer sur la composition de la commission en lien avec la victime ou du/de la plaignant.e. Cette commission possède une composition variable en fonction des sujets à traiter, et peut être en non-mixité si cela est demandé. Cette commission possède un rôle décisionnel. Pour éviter toute forme de règlement de compte personnel ou de dictature politique, celle-ci est présidée par le.a suivi.e national.e de la fédération.
2. « Je voudrais, sans la nommer, vous parler d’elle. »
Alors que les problèmes de VSS n’épargnent aucune orga ni aucune fédération, nous devons nous repencher sur notre système d’exclusion face à ce sujet. Si nous pouvons nous enorgueillir de traiter de manière externalisée et donc indépendante les VSS, nous pouvons aussi regretter que, dans notre processus, il doit nécessairement y avoir une victime identifiée par l’organisation pour effectuer l’exclusion de l’élément problématique. Nous souhaitons au contraire que les exclusions puissent s’effectuer sur ce motif par simple déclaration d’une personne tierce qui aurait recueilli le témoignage d’une victime sans avoir à la nommer, ou qui aurait été témoin d’une VSS.
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