Militantisme
par Jahelle Ramville - MJCF 69Organisation en commissions
Cette contribution a pour but de permettre à ce congrès de penser collectivement l’organisation des commissions déjà pratiquée dans plusieurs fédérations, mais sans réelle unité. J’espère qu’elle contribuera à une uniformisation de nos pratiques.
Le MJCF s’organise localement en zones géographiques en fonction du lieu d’habitation, d’étude ou de travail des camarades. Ainsi, l’implication des militant.es est plutôt classique : on se réunit, on discute collectivement des actions à mener, et le ou la responsable les organise et les programme pour que les militant·es les réalisent (tractages, collages, manifestations, rassemblements, tables politiques, conférences, etc.).
Cependant, ce mode d’organisation a ses limites. Il peut être frustrant de ne pas varier son implication ou de ne pas exploiter pleinement ses compétences, surtout lorsque l’on n’est pas en responsabilité. C’est pourquoi l’organisation en commissions peut être bénéfique. Bien sûr, les commissions ne se substituent pas aux groupes ou aux cercles, mais viennent en complément de nos autres modes d’organisation.
A/ Qu’est-ce qu’une commission ?
Une commission est un groupe de personnes structuré autour d’un mandat précis et encadré par un·e responsable de commission. Il est essentiel, pour définir clairement la fonction et les objectifs d’une commission, de rédiger un mandat. Ce mandat doit être rédigé par la commission elle-même, puis validé par la coordination pour s’assurer qu’il ne contredit pas les statuts, le mode d’organisation du MJCF ou les décisions prises en AG ou en CD. Enfin, ce mandat doit être voté en AG ou en CD.
Les commissions peuvent être thématiques ou fonctionnelles :
– Les commissions fonctionnelles sont encadrées par les membres du bureau (par exemple : la commission communication, supervisée par le ou la responsable communication ; ou la commission vie financière, encadrée par le ou la responsable vie financière).
– Les commissions thématiques, elles, peuvent être encadrées par un·e membre du CD ou par un.e adhérent.e, sous la supervision d’un.e cadre.
B/ Pourquoi ce mode d’organisation ?
L’organisation en commissions présente plusieurs avantages :
1. Améliorer l’investissement des camarades
Les commissions permettent de dynamiser l’implication des camarades en valorisant leurs compétences individuelles au service du collectif. Nous sous-estimons parfois les talents de nos camarades, qui peuvent pourtant être précieux pour l’organisation (par exemple : celles et ceux qui savent créer des illustrations pour la communication, pratiquer la photographie, ou qui possèdent une expertise approfondie sur des sujets spécifiques). L’organisation en commissions est une manière de leur offrir un espace où ils et elles peuvent s’investir davantage, et apporter beaucoup à l’organisation.
2. Répartir le travail militant
Les commissions contribuent à une meilleure répartition des tâches militantes. Souvent, les cadres et responsables d’organisation se retrouvent surchargé.es. La gestion d’une commission est un travail supplémentaire, mais une fois lancée, une commission qui fonctionne correctement peut-être un réel atout et un gain de temps non négligeable, surtout quand une fédération devient trop grosse pour qu’une seule personne gère toute la communication/formation etc. … Les commissions offrent la possibilité aux camarades de se saisir de projets spécifiques tout en allégeant les cadres. Cela favorise également une plus grande autonomie des militant·es, en leur offrant un espace ou elles et ils peuvent impulser leurs idées, s’impliquer directement dans la réalisation d’actions et dans la prise de décisions liées à leur domaine d’activité ou de compétence. Ainsi, chacun·e peut choisir le niveau d’investissement qui lui convient, rendant l’organisation plus inclusive et adaptée aux disponibilités variées des membres.
3. Favoriser la formation continue
Les commissions sont également essentielles pour encourager la montée en compétences des militant·es et impulser l’émergence de nouveaux.elles cadres.
Au sein des commissions, les camarades sont encouragé.es à partager leurs savoirs et leurs expériences, ce qui permet à tous.tes de se former sur des compétences variées (photo, maquettage, vente et création de pin’s, écriture de tract). Cela crée un espace d’apprentissage et d’organisation tout en valorisant les compétences de chacun.e.
En permettant à des militant.es impliqué.es de cogérer des commissions en étant conseillé.es et accompagné.es par un.e cadre formé.e, cela permet de former très concrètement de nouveaux.elles cadres, qui par la suite pourront se présenter au CD ou à la coordination avec directement une expérience en matière d’organisation de réunion, de rappels etc. …
De plus, en donnant des responsabilités spécifiques aux membres des commissions, ces dernier.es peuvent développer des compétences organisationnelles, ou techniques. Cela prépare les futur.es cadres dans l’organisation en leur permettant de comprendre mieux la logistique derrière certains modes d’action. Cela permet une rotation des responsabilités : lorsqu’un.e cadre sortant transmet ses savoirs à un.e nouveau.elle camarade, cela assure une continuité et un renouvellement des pratiques au sein du mouvement. Former des potentiel.les futur.es cadres avant de les mettre en responsabilité permettra également à plus de camarades femmes de se sentir légitime de postuler à ces responsabilités.
Conclusion
Finalement, par une définition des commissions et une proposition de mise en pratique concrète de celles-ci, j’espère que cette contribution permettra de tendre vers une réelle uniformisation à un niveau national de nos pratiques. Une conséquence souhaitable serait que cela incite plus de fédérations à se doter de commissions pour enrichir leur militantisme.
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