Rôle du MJCF
par R.Reist - MJCF 69La question révolutionnaire
Nous, communistes, ne sommes pas communistes par envie, par plaisir, mais bel et bien, car nous considérons que l’analyse marxiste, et la pratique qui en est liée, est la plus efficiente afin de dépasser le capitalisme. « Marxiste-léniniste » proclamés, nous nous devons de réaliser notre analyse et notre auto-critique afin de s’assurer de l’efficience de notre marxisme, efficience qui nous permettra, ou non, d’être efficaces. Cette contribution s’efforcera alors de participer au débat vis-à-vis du « renforcement », ou de la « reconstruction », selon les goûts, de l’aspect révolutionnaire de notre organisation.
Être révolutionnaire, loin des clichés gauchistes et droitiers :
Allons-nous refaire octobre 1917 ? Non. Devons-nous pour autant nous abandonner au réformisme comme le fait le PCF ? Non plus.
Être révolutionnaire, ce n’est pas prendre trois cailloux et les lancer sur la police du capital, ce n’est pas non plus de refuser la participation aux élections sous prétexte de « détourner le prolétariat de la lutte ». Être révolutionnaire est le fait de participer à l’alimentation du processus révolutionnaire, à son développement, de mobiliser les groupes sociaux révolutionnaires et, in fine, permettre son triomphe.
La situation française est complexe, d’un côté, l’état bourgeois n’a jamais été aussi puissant, puissance qui ne risque pas de décroitre en vue des progrès technologiques en matière d’armement, et de la fascisation de la société ; la rendant toujours plus permissive vis-à-vis des violences de l’état. De l’autre côté la société française semble plus oppressée et divisée que jamais, conséquences logiques de la fascisation qui appuie sur les affects ethno-raciaux afin de s’assurer une répartition verticale de la survaleur.
Notre rôle, en tant que communistes, est de pointer les conditions matérielles qui produisent la situation actuelle, et de proposer un contenu politique s’appuyant sur les groupes sociaux potentiellement révolutionnaires. Cette potentialité révolutionnaire est, comme indiquée, une possibilité non-mécanique, aucun groupe social n’étant déterminé a quoi que ce soit. Notre but est alors de pousser la conscience réelle de ces groupes vers le maximum réel de leur conscience révolutionnaire possible, elle-même déterminée par les conditions matérielles d’existence.
Alors, oui, nous nous devons d’attaquer l’approche réformiste. Nous nous devons de pointer les impasses structurelles auxquelles elle ne peut faire face, exercice relativement simple en vue de l’actualité de ces dernières semaines. Nous ne pouvons-nous contenter de mener des campagnes électorales pour les forces de gauche, parfois gagner, pour au final pleurer sur des échecs amplement prévisibles du fait du moyen utilisé. Cette approche, le réformisme, n’est qu’une approche motrice de désengagement politique, autrement dit, la meilleure arme du capital afin de s’assurer son règne. Nous nous devons de répondre à l’ouvrier-ère abstentionniste que voter n’est pas la solution, mais que la mobilisation, sa mobilisation, celle de son entourage, de ses collègues, est une clé. Une clé qui nous permettra de ne pas demander des miettes, mais bel et bien le gâteau pour les travailleur-es.
Avoir une pratique révolutionnaire ? :
Nous serons d’accord pour dire que les belles déclarations ne valent rien sans pratique, alors comment être révolutionnaire ? Comment faire pour que ces paroles ne restent pas des vœux pieux ? Tout d’abord, les paroles ne sont jamais un vœu pieux. La communication est de nos jours l’un des facteurs les plus importants pour transmettre notre message, pour rallier à la cause. Nous ne devons donc pas lésiner sur les déclarations et productions qui portent frontalement nos revendications concrètes et nos objectifs à long terme, sans oublier les moyens que nous devons, nous révolutionnaires, mobiliser. De plus, cela permettra de clarifier les différences entre nous et d’autres organisations de jeunesses prisées par la jeunesse, car vues (à tort) comme « antisystèmes », ceci temporisera les volontés de différenciation droitières, stratégie inefficace et opportuniste.
Notre organisation se doit de mobiliser le sport comme moyen de créer des liens entre camarades, comme un moyen de défense collectif, et avant tout comme un potentiel outil d’émancipation. De plus, nous ne pouvons passer sous les radars le fait que la pratique sportive n’est accessible qu’à peu de tranches de la jeunesse, du fait des prix, ou simplement de l’accessibilité inexistante dans certaines zones géographiques. L’enjeu n’est donc pas simplement la cohésion et le développement de capacités sportives, mais contient aussi une possibilité de faire découvrir des activités aux camarades qui, jusqu’alors, n’en avaient pas les moyens. Nous ne devons pas laisser le monopole de la pratique sportive aux forces d’extrême droite qui l’utilise afin de déverser des discours réactionnaires. La coordination nationale doit doter les fédérations de moyens, matériels et humains, afin de rendre cette pratique populaire possible.
Enfin, il serait temps de clarifier nos liens avec le PCF et des possibles conflits d’intérêts avec la coordination nationale. Comment expliquer notre participation aux élections européennes, au profit du PCF, au détriment de nos textes ( « Le MJCF revendique la sortie de l’Union européenne et de la zone euro. La France doit cesser de respecter les traités européens qui servent les intérêts capitalistes et s’opposent à toute politique de progrès social. » ) ? Nous avons besoin du PCF, matériellement, tout comme il a besoin du MJCF, comme réserve de militants. Néanmoins, nous ne devons être une caisse de résonance du PCF, du moins nous ne devons pas l’être sans l’accord de la base militante, sous peine de déstructurer le mouvement. La déconnexion entre la direction et la base militante est la principale composante qui mène à un possible réformisme tâché d’opportuniste des cadres nationaux, et à la décentralisation du mouvement, donc in fine, à son inefficacité nationale. Il est alors de notre devoir de combattre ce mal à la racine, en renforçant la démocratie interne via, à titre d’exemple, le travail de création de conseils régionaux regroupant les fédérations d’une région, qui pourraient déclencher un moment de débat et de prise de décision au niveau national si x conseils le décident. De plus, ces conseils pourraient provoquer un « vote de confiance » vis-à-vis de la coordination nationale, afin de s’assurer que ladite coordination soit suffisamment en lien avec les masses militantes.
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