Autre
par Guilhem de Bourmont - MJCF44Du processus révolutionnaire
I – Un peu de théorie
Dans la théorie marxiste-léniniste, le capitalisme est condamné, pour survivre, à exploiter
toujours plus le travail et la nature. La forme la plus extrême de cette exploitation est le
fascisme.
Pour des raisons évidentes de survie, nous voulons donc passer à un autre système, sans
classes et sans exploitation : le communisme.
Pour arriver à cette société communiste, une marche importante est à franchir et la simple
prise du pouvoir des communistes n’est pas suffisante. Il faut donc passer par une phase
de transition : le socialisme.
Le socialisme, en tant que phase de transition, est changeant au cours du temps. Son
organisation et sa nature sont différentes et évoluent tout au long de son développement.
Ainsi, les marxistes-léninistes considèrent que le chemin vers le communisme prend
plusieurs phases avec des natures différentes.
Il y a d’abord la révolution, c’est-à-dire la prise du pouvoir des travailleurs. Cette révolution
a historiquement pris des formes très différentes, passant d’actions violentes et armées, à
d’autres plus institutionnelles, en passant par la concurrence de deux pouvoirs de
légitimité égale ou encore par l’appui d’autres pays et d’autres forces révolutionnaires.
Une fois le pouvoir d’État pris, la bourgeoisie ne se laissera pas faire. Il faut donc détruire
son pouvoir économique en passant par des mesures extraordinaires (nationalisations,
révocations, suppression de la dette, etc) : c’est la dictature du prolétariat (au sens
marxiste du terme : un pouvoir extraordinaire des travailleurs les plus conscients contre la
bourgeoisie et ses alliés).
Une fois les pouvoirs politiques et économiques aux mains des travailleurs, on arrive à la
phase socialiste. Il reste cependant bien des choses à faire avant d’arriver au
communisme : démocratisation des rapports sociaux au sein des entreprises, entre
travailleurs manuels et intellectuels, harmonisation des conditions villes/campagnes,
démarchandisation de l’économie, démocratisation de la société, développement du travail
conscient, combat contre le droit bourgeois qui reste présent culturellement, etc.
Cette phase socialiste prend différentes formes selon les périodes, le développement
et les pays. Le socialisme en France sera différent d’autres socialismes, tout d’abord car
nous ne partons pas de la même base (capitalisme impérialiste en France, un capitalisme
beaucoup moins développé dans la plupart des pays qui sont ou ont été socialistes), que
notre base matérielle et culturelle est sensiblement différente, etc.
II – Révolution
Aujourd’hui en France, les conditions sont-elles réunies pour qu’une révolution ait lieu ?
Si nous vivons une crise du capitalisme, il faut aussi que les travailleurs aient conscience
de former une classe, qu’ils soient organisés et qu’ils aient la volonté de renverser le
pouvoir. Cette conscience de classe et cette conscience révolutionnaire sont encore très
timides dans la société française, même si une majorité a conscience de la réalité de la
lutte des classes.
Le rôle d’une organisation de masse comme la nôtre (ou comme sera la nôtre) est de
développer ces consciences de classe et révolutionnaire au sein de la jeunesse. Un long
travail est devant nous pour parler aux jeunes, les convaincre, les organiser. Un travail doit
aussi être fait pour resserrer nos liens avec d’autres organisations de masse comme les
syndicats, mais aussi avec d’autres mouvements de jeunesse d’autres pays.
Quant on parle de révolution, il arrive souvent que deux points de vue se mettent en
opposition : il y aurait la voie armée et la voie pacifique.
Tout d’abord, dans les conditions actuelles, nous ne sommes ni suffisamment armés, ni
suffisamment influents pour tenter l’une ou l’autre de ces voies. Ensuite, un processus
révolutionnaire est toujours un processus contradictoire qui allie ces deux voies, ces deux
moyens selon les périodes et les domaines. La révolution peut débuter par une victoire
électorale comme dans certains pays latino-américains, par une guérilla comme à Cuba,
par une action d’agitation dans les soviets comme en 1917 en Russie. Difficile de dire et
de prédire comment débutera une révolution socialiste en France.
En revanche, pour être couronnée de succès, une révolution doit réunir trois exigences : le
soutien actif d’une partie relative de la population, notamment de travailleurs de secteurs
stratégiques, le soutien passif d’une majorité de la population, et une organisation
révolutionnaire à même d’agir.
Dans tous les cas, nous ne sommes pas prêts. Il faut donc nous préparer, préparer nos
forces. Nous ne sommes pas l’organisation d’avant-garde chargée de diriger la révolution,
mais nous sommes censés être une organisation de masse chargée de propager le
discours de classe et révolutionnaire au sein de la jeunesse, en partant d’abord de leurs
préoccupations immédiates, en étant utiles, en organisant des actions solidaires et
ludiques et en remportant des victoires.
Pour cela, notre rôle est triple : mettre en avant notre analyse matérialiste dialectique de la
situation actuelle, organiser des actions et des victoires dans le cadre actuel du
capitalisme, tout en rappelant la nécessité de la révolution et du socialisme, loin des
illusions social-démocrates du réformisme pur et simple.
III – Dictature du prolétariat
La prise du pouvoir est importante, mais même l’État entre nos mains, il faudra lutter
contre la bourgeoisie et même contre une partie de l’administration centrale et territoriale.
Aux titres de futurs ennemis, on peut lister : l’OTAN, l’Union européenne, la Banque
centrale européenne, les banques françaises, le MEDEF, les grands monopoles
capitalistes, une partie de l’armée et de la police nationale, les grands médias, les
réactionnaires, les conservateurs, les macronistes et même une bonne partie des sociaux-démocrates.
Face aux pressions immenses du capitalisme, un gouvernement révolutionnaire devra
prendre un certain nombre de mesures extraordinaires au plus vite : sortie de l’OTAN, de
l’UE, de l’euro, nationalisations des banques, des médias télévisés, des grands
monopoles, réorganisation des services d’ordre, etc.
Ces mesures ne doivent pas seulement être prises d’en haut, mais issues d’un
mouvement d’en bas. Par exemple, des nationalisations doivent s’accompagner d’une
pression des travailleurs des entreprises concernées, d’abord pour chasser les bourgeois,
ensuite pour apprendre à prendre en main les entreprises même et y développer
rapidement une démocratie au travail.
La dictature du prolétariat est en réalité une période décisive de développement de la
démocratie populaire contre la dictature de la bourgeoisie, de mesures extraordinaires
pour lutter contre la bourgeoisie tout en comptant sur un soutien majoritaire et des
mouvements actifs.
IV – le MJCF
Le rôle de notre organisation est de développer la conscience révolutionnaire parmi les jeunes et dans notre pays. La révolution n’est pas une partie de plaisir, mais un mouvement intense et contradictoire qu’il convient de préparer. Si nous voulons lutter pour une société socialiste, les transformations révolutionnaires sont nécessaires. À nous de les construire.
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