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par Adeline Roulet et Antoine Hamria

Dénoncer l’impérialisme français en outre-mer

I) La crise en outre mer :

Avec les récentes révoltes en Kanaky (Nouvelle-Calédonie), les émeutes à la Réunion et la crise migratoire à Mayotte, plusieurs territoires d’outre-mer semblent être entrés dans un nouveau cycle de crise politique. En Nouvelle-Calédonie, après l’échec du troisième référendum sur l’indépendance Emmanuel Macron a pris la décision insensée de revenir sur les accords de Nouméa. Cette décision a mis fin au gel du corps électoral et a déclenché une série d’émeutes. À Mayotte, la volonté du gouvernement de contrôler la démographie de l’île s’est soldée par des opérations répressives de grande ampleur. Enfin en Martinique l’actualité est marquée par de fortes protestations contre la vie chère. En tant que mouvement de jeunesse français, nous avons des choses à dire sur la manière dont notre État tente de répondre aux crises politiques qui secouent ses territoires ultramarins. Parce que nous devons dénoncer en priorité l’action de notre propre impérialisme et parce que les méthodes de répressions utilisées dans les DROM-COM seront tôt ou tard remises en pratique en métropole. Dans les banlieues d’abord et sur l’ensemble du territoire ensuite.

II) Le rôle de l’impérialisme français :

L’impérialisme français a connu un déclin important avec les vagues successives de décolonisation et la remise à cause de sa présence dans le Sahel. Il continue cependant de sévir dans certains territoires. Cependant, les conséquences de sa présence se manifestent de manière différente selon les territoires. En nouvelle Calédonie se pose la question de l’exclusion des populations Kanaks des terres les plus fertiles. En Guyane, l’exploitation des matières premières par des entreprises françaises se fait souvent au détriment des conditions de vies des populations locales. On peut également citer le coût des denrées alimentaires. En effet, un grand nombre de produits de première nécessité sont importés depuis la métropole, ce qui augmente leur coût. Enfin, la répartition des postes administratifs est aussi éloquente. Entre 2014 et 2019, 40% des métropolitains travaillant dans la fonction publique en Martinique exerçaient un poste d’encadrement contre 10% des locaux. C’est 45 contre 11 pour la Réunion. Dans un monde où les tentions inter-impérialistes s’accroissent, les territoires ultramarins jouent également un rôle clef dans la défense de l’impérialisme occidental. La Polynésie et la Nouvelle-Calédonie jouent ainsi le rôle de poste avancé de l’OTAN face à la Chine. Le contrôle de Mayotte et de la Réunion permet également de contrôler les flux maritimes passant par le canal du Mozambique. La France ne se contente pas donc de contrôler ces territoires. Ses multinationales s’en accaparent les richesses au détriment du développement et des conditions de vie des populations locales.

III) Construire de nouvelles coopérations :

En tant qu’organisation de jeunesse communiste, nous devons dénoncer la situation actuelle des outremers. Qu’il s’agisse de l’exploitation des matières premières, de l’exclusion des populations locales des postes administratifs, de la volonté de l’État français
de marginaliser les populations kanaks, ou de la manière dont les contestations sociales sont étouffées. Nous devons également dénoncer la formation des milices caldoches en Nouvelle-Calédonie, qui ravivent le spectre d’un nouvel OAS. Afin de faire connaitre la situation des outremers à nos adhérents et à nos sympathisants, nos fédérations peuvent s’appuyer sur notre réseaux de partenaires. Notamment le FLNKS ou le TAVINI qui disposent de plusieurs parlementaires, ainsi que des associations issues des différentes communautés. Avec ce réseau de partenaires, nous sommes en mesure de pouvoir organiser des évènements ponctuels portant sur des thèmes d’actualité comme les révoltes en Kanaky et en Martinique, mais aussi sur des thèmes plus anciens comme les essais nucléaires en Polynésie ou le scandale du Chlordécone aux Antilles.

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