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par Pierre B. - MJCF 93

Pratiques alimentaires quotidiennes et militantes

Pratique alimentaire quotidienne et militante

Cette seconde contribution sur l’alimentation est complémentaire de la première rédigée sur le sujet, dans laquelle je propose de développer l’adresse de notre mouvement.

Elle en est le pendant pratique, en proposant le développement ou l’amplification de gestes d’organisation existant déjà au sein du MJCF : les distributions alimentaires et les banquets populaires.

Ces deux pratiques ne sont bien sûr pas exhaustives, et s’accommodent parfaitement d’autres propositions permettant de souligner l’importance que nous accordons au droit à l’alimentation, et à une alimentation de qualité.

I. Distribution alimentaire

Il me semble, mais je peux me tromper, que le geste de la distribution alimentaire ne souffre pas de désaccord idéologique au sein de notre Mouvement. Les limites à observer à l’échelle des fédérations sont davantage d’ordre pratique et technique. Ainsi, dans mes responsabilités passées, il m’est arrivé de renoncer à organiser de telles initiatives, faute de confiance en notre capacité à les assumer.

Pourtant, dans les faits, les fédérations proposant ce mode d’action ne sont pas toutes immenses ou parfaitement structurées, ce qui me laisse penser que la distribution alimentaire est une pratique accessible, à condition d’avoir les outils pour s’en emparer.

Sur ce point, l’objet de la présente contribution sera simplement d’inciter les fédérations à s’emparer de ce geste d’organisation, et à créer les conditions pour qu’elles puissent s’en emparer : notes d’organisation, retours critiques par les fédérations ayant déjà de l’expérience, etc.

II. Banquets populaires

La question se pose différemment pour les banquets populaires, que je vois plutôt comme une évolution des temps conviviaux et festifs que l’immense majorité des fédérations organise déjà.

Il s’agit ici de passer à l’étape suivante, en proposant une pratique culinaire de masse, permettant d’accéder à une nourriture de qualité lors de ces temps conviviaux.

J’y vois plusieurs enjeux d’intérêt pour notre organisation (au-delà de la seule perspective de vie financière, qui pourrait déjà être un argument suffisant) :
– Cela permettrait de jouer un rôle dans l’éducation au goût, ciblée par plusieurs élus communistes. La question de l’alimentation, et de son rôle dans la santé (voir ma première contribution sur le sujet), est également une question culturelle. L’accès au bon (au goût, pour la santé, voire pour l’environnement) ne se détermine donc pas uniquement sur un critère financier, mais également sur un critère d’appréciation qu’il convient d’entretenir, en proposant notamment d’évacuer de notre alimentation les produits ultra transformés.
– Dans le même sens, la pratique du repas collectif prend tout son sens face à une accélération des rythmes de travail et de vie, ainsi que de la perte de lien social et l’individualisation croissante. Passer un bon moment, y compris grâce au contenu de notre assiette, est aussi un prétexte pour prolonger un temps de formation/politisation informel, voire parfois pour s’y rendre.
– Les deux précédents points en soulèvent un troisième : les jeunes – et les camarades du MJCF ne font pas exception – sont nombreuses et nombreux à ne pas pouvoir accéder à une alimentation de qualité, ou à ne jamais bénéficier de temps conviviaux autour d’un bon repas, faute de temps, de matériel, de moyens ou de connaissances. Organiser un temps convivial autour d’un repas collectif permet par conséquent à notre Mouvement de rayonner davantage auprès des jeunes et de nos propres adhérent.es.
– L’apprentissage de la cuisine comme pratique collective permet de soulever d’autres questions liées par exemple à la répartition des tâches, mais aussi de favoriser des compétences qui peuvent être utiles au quotidien.

Les précédents points permettent de cerner en quoi la pratique du banquet populaire est profondément politique : il s’agit de démontrer à la fois l’efficacité de notre organisation, et notre aspiration à une nourriture de qualité, en rendant effectif l’accès à cette nourriture de qualité aux jeunes présent.es lors notre initiative, adhérent.es ou non. En somme, le collectif présente un intérêt immédiat pour les individus, que ce soit sur le plan de l’appétit ou sur le plan culturel.

Dès lors, l’objet de cette contribution, pour son item “banquets populaire”, est de proposer d’inscrire cette pratique dans nos gestes d’orga réguliers, et de fournir aux fédérations les outils pour les mettre en place et les politiser autant que possible.

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