La précarité

c'est pas

un métier !

Agir ici

et

maintenant !

Liberté

pour

Marwan Barghouti !

Notre avenir

Nos choix

l'éducation est un droit !

Nombreux

Motivés

Organisés

Lutter

Unir

Vaincre

par Matis Chartier - MJCF 35

MJCF et PCF

Rapport au PCF: Indépendance et Complémentarité.

Un camarade a pointé, dans une autre contribution, la question de notre rapport au PCF. Celui-ci fait souvent débat et mérite, effectivement, d’être clarifié.
Personnellement, je pense que, comme le dit Amado, il faut affirmer notre rapport avec le PCF comme étant un rapport de division du travail militant.

Nous sommes indépendants du PCF, mais travaillons en complémentarité, dans un but commun. Cette relation est complexe. Déjà, car pour travailler en complémentarité, il faut s’assurer que nous ayons le même but, ce dont un certain nombre de camarades doutent. Nous devons profiter du Congrès pour trouver comment fonctionner ensemble, mais dans les fédérations où les relations sont tendues, car les buts locaux divergent.

Ensuite, elle est complexe, car l’indépendance est, à mon sens, parfois mal comprise. Elle est parfois utilisée comme argument face à ce que l’on juge être des “erreurs politiques” du PCF. Au sein de discussions, lorsqu’il nous est reproché la position du PCF, on répond que le MJCF est indépendant politiquement et que, du coup, cela ne nous concerne pas. Cela est vrai dans une certaine mesure mais, dit ainsi, cela témoigne d’une vision dans laquelle MJCF et PCF ne travaillent pas en complémentarité.

I. L’indépendance du MJCF

L’indépendance politique et organisationnelle du MJCF est nécessaire. Ce serait une erreur de considérer l’organisation de jeunesse comme une annexe du Parti, comme c’est le cas pour d’autres organisations non indépendantes. C’est là un rôle trop réducteur que de penser que la jeunesse devrait se former à la seule école du Parti, qu’ils devraient comprendre le programme du Parti, l’intégrer et militer pour.
Pourtant, ce modèle dispose d’une certaine efficacité à court terme. Du point de vue du matériel déjà. Les organisations de jeunesse non indépendantes gagnent du temps sur la construction des campagnes, l’écriture et le maquettage de tracts, l’impression. Du point de vue de l’organisation militante également, l’efficacité est souvent notable : les effectifs peuvent être doublés pour tels ou tels événements, l’organisation est prise en charge, les coûts financiers aussi. Du point de vue politique également, il y a une certaine efficacité qui peut émerger: le choix du calendrier et les thèmes abordés peuvent être pris en charge par le Parti ou Mouvement à une échelle plus importante. L’efficacité se trouve donc dans le gain de moyens (humains et matériels) et de temps ce qui, dans l’activité politique, est essentiel. C’est donc un point à prendre en compte.
Cependant, l’indépendance est nécessaire car elle permet de fournir un cadre où l’on peut se retrouver entre jeunes pour discuter. Si la jeunesse n’est pas une classe sociale, elle est une catégorie sociale traversée de problématiques communes.
Plus encore, elle permet un apprentissage pratique et théorique différent. Plus ciblées à nos besoins. Sur l’apprentissage, la prise de responsabilités locales est possible par une organisation de jeunesse pour et par les jeunes. La formation politique diffère également en cela que les questions posées (en Assemblée Générale, dans les plans de formations ou autre) sont posées à la lumières des problématiques que nous connaissons. Ainsi, notre pensée politique se développe en lien avec nos problématiques. Cette indépendance ancre le caractère militant du MJCF qui doit trouver, par lui-même, ses propres ressources militantes, cela est un gros apprentissage.

L’indépendance doit donc permettre au Mouvement Jeunes Communistes de France de remplir son rôle, à savoir d’organiser, de faire germer le monde de demain.
Il nous faut conscientiser la jeunesse de la classe travailleuse. Et cela ne peut se faire qu’en dehors du seul jeu politicien, des réformes et des campagnes électorales. Je pense que la jeunesse doit, avec un mode particulier, inventer une nouvelle manière de vivre, en interne, via l’organisation de jeunesse. Par l’apprentissage de codes, de pratiques etc. Évidemment, il ne faut pas s’illusionner : cette organisation ne doit, ni ne peut pas, être coupée du reste de la société. Mais son développement interne doit être pensé pour se diffuser, massivement.
Restreindre l’organisation politique de la jeunesse à des campagnes purement politiques, voire institutionnelles, en la liant au Parti est, et serait une erreur, une restriction fondamentale qui ferait de notre organisation une simple organisation, commune. On faillirait donc à notre rôle révolutionnaire et, par là même, nous perdrions en efficacité. La seule manière de survivre aujourd’hui est de proposer un modèle différent. De ce développement dépend le bon développement, dans le futur, du PCF.

II. La complémentarité avec le PCF

Mais s’il faut appuyer sur notre indépendance, il faut repenser notre complémentarité avec le PCF. Pour faire simple, je m’accorde à l’idée d’Amado selon laquelle nous devons préparer les jeunes à la révolution socialiste (ainsi qu’au processus qui y conduit), plus qu’avoir un rôle de direction de la Révolution.
Ce rôle de direction est à mon sens le rôle du Parti. Et c’est d’ailleurs ce rôle de direction qui est à la base de l’indépendance au MJCF. Car c’est sur la base division du travail militant que se fonde notre indépendance. C’est sur cette base que l’on est à même de fonder un contre discours et de faire usage de notre indépendance : en critiquant, en allant plus loin, en proposant d’autres pistes etc.
Je m’oppose donc aux conceptions qui, sans le formuler ainsi, donnent aux organisations de jeunesse un rôle de direction. Elles ne sont pas forcément présentes à la J.C. Quoi qu’il en soit, il faut éviter de tomber dans cet écueil. C’est pourtant le cas lorsque, en appuyant seulement sur l’indépendance sans voir la complémentarité du travail militant, on tend à penser que la JC serait “plus” révolutionnaire et qu’elle pourrait, à elle seule, mener la révolution. C’est faux, nous ne sommes pas un Parti politique et ne pouvons avoir sa force de frappe. En dehors de slogans révolutionnaires, leur pratique politique concrète (mode d’organisation, méthode militantes etc.) manquent cruellement d’expérience et donc ne servent en rien le mouvement des travailleurs.

La complémentarité s’entend donc aussi (et malgré l’indépendance !) sur le plan politique et théorique. Il est illusoire de s’en tenir à une pseudo-indépendance politique. Nous prenons certes nos décisions politiques seuls, mais en ce qui concerne le contenu des propositions, nous avons besoin de cette complémentarité avec le PCF. Dans l’état actuel de nos forces, il est illusoire (et même erroné) de prétendre que le MJCF pourrait tirer de soi toutes ses propositions. À ce titre, l’exemple de l’écologie me semble pertinent. Sans la base de formation, de débat et de militantisme qu’est le Plan Climat du PCF, le MJCF peinerait grandement à construire ses propres analyses et perspectives sur cette question. Cela est valable sur d’autres plans.
Mais la complémentarité s’entend aussi sur un plan organisationnel. La complémentarité doit être approfondie dans les fédérations sur le plan de l’organisation de l’activité. L’expérience militante du PCF (tant les réussites que les échecs) doit être utilisée de manière plus approfondie afin de mieux cibler, mieux orienter notre activité. La connaissance du terrain, les contacts et poids locaux doivent pouvoir également plus nous servir. Cela est particulièrement vrai pour notre implantation chez les Jeunes Travailleurs, où le travail doit pouvoir être mené collectivement, entre communistes. Sans avoir peur de perdre notre indépendance.

III. Conclusion

Ainsi, je crois qu’il nous faut, plutôt que de “clarifier” nos positions et nous détacher plus volontiers du PCF, engager réellement le débat, y compris sur les lacunes (parfois importantes du PCF). Ne pas éviter le débat, mais le construire localement, au niveau de la fédération, comme nationalement.
Si la complémentarité avec le PCF passe donc par une division du travail entre nos deux organisations, elle ne peut exister que par l’indépendance et la liberté de critique. Mais cette critique doit être faite dans de bonnes conditions : sur le papier, en débat local ou autre, mais pas sur les Réseaux sociaux.
À mon sens, nous devons mieux saisir notre rôle de Mouvement de Jeunesse et faire correspondre notre militantisme à cette réalité : nous avons un rôle de préparation, de formation de la jeunesse. Tant sur le plan politique que moral et humain. Pour y parvenir, nous devons réaffirmer le rôle de direction du PCF dans le travail révolutionnaire. Cela demande de contrôler la réalisation de ce travail.

Sur la même problématique :

Pourquoi être révolutionnaire, c’est être majoritaire ?

Une révolution, c’est une transformation radicale des structures sociales, économiques et politiques d’un Etat. Le MJCF considère deux prérequis à la révolution :  avoir un soutien massif de la population penser une stratégie qui permette la mise en place durable de la révolution. Pourquoi notre mouvement cherche à devenir une organisation de masse et considère […]

Ni Avant garde éclairée du PCF, ni simples suiveurs

Les débats sur nos liens avec le PCF tombent parfois dans deux travers. Le premier est de considérer que le MJCF a un rôle d’ “Avant-Garde” du PCF sur les positions politiques. Le second, au contraire, considère que le rôle de la JC n’est ni plus ni moins que de “suivre” le PCF. Le but […]

Être une orga de masse ne se décrète pas : donnons-nous en les moyens

Lors de notre dernier Congrès en 2022, nous avons affirmé avec force notre ambition d’être une organisation de masse. Depuis, lors de tous nos temps nationaux (ANA, CN…) nous nous efforçons de prendre des décisions allant dans ce sens. En interne du mouvement, je crois aussi que nous avons convaincu largement de cette nécessité. Rares […]