Militantisme
par Roman Bousselmania - MJCF et UEC 34La Guerre culturelle
La guerre culturelle
Le MJCF a aujourd’hui plus de 100 ans. Le sujet n’est pas de retracer l’histoire de notre glorieux mouvement, mais de pointer une arme qui n’a jamais été aussi tranchante qu’aujourd’hui.
Désignée par Antonio Gramsci, la culture est aujourd’hui passée d’une arme changeant régulièrement de mains entre opprimés et oppresseurs, à un combat inégal entre capitalistes contrôlant pratiquement tous les moyens de communication et de diffusion, face aux maigres ressources des mouvements révolutionnaires et communistes.
Le mode de consommation de l’information et de la culture a changé, et nous avons raté le coche, non par manque de lucidité, mais par manque de moyens face à nos adversaires.
L’Humanité pouvait à une époque être culturellement plus dominante que Le Figaro, mais maintenant, derrière les intérêts que défend Le Figaro, il y a d’autres moyens d’informations réactionnaires contrôlés par quelques milliardaires et hommes d’affaires. Faisons-nous le poids face à cela ? Absolument pas !
Le MJCF a pour ambition d’être un mouvement de masse, mais comment pouvons-nous l’être si demain nous sommes invisibilisés par les médias ? Nous pouvons être des centaines de milliers de militants, mais si personne ne nous voit et le capital a les moyens de nous masquer, tous nos efforts militants auront été en vain.
La culture comme terrain de lutte :
Le combat culturel est donc crucial pour tout mouvement communiste, et donc pour le MJCF.
Pour Gramsci, la culture n’est pas seulement ce que l’on voit comme les arts, les traditions ou les coutumes. Elle est aussi un moyen par lequel le pouvoir s’exerce dans la société. L’hégémonie culturelle désigne le fait que la classe dirigeante impose ses idées et ses valeurs à l’ensemble de la société de telle manière qu’elles soient perçues comme normales, naturelles et acceptées par tous. La classe dominante n’a donc pas besoin de recourir uniquement à la force pour garder son pouvoir, car la population adopte sa vision du monde. Si des valeurs comme la réussite individuelle ou la compétition sont vues comme positives et normales, c’est parce qu’elles ont été promues par ceux qui ont intérêt à les diffuser.
En résumé, la culture est un outil de contrôle et de pouvoir, mais aussi un terrain de lutte.
Nous voulons proposer une ligne radicalement culturelle.
Nous faisons le constat que la montée du RN et de l’abstentionnisme est directement liée à la montée de la désinformation et de la dépolitisation, alimentées par des plateformes comme TikTok ou des chaînes comme CNEWS. La problématique pour le MJCF est donc de devenir un mouvement de masse, et cela passe par une conquête culturelle.
Des actions culturelles pour massifier le mouvement :
Pour devenir un véritable mouvement de masse, nous devons déployer des actions culturelles concrètes partout où cela est possible. Cela passe par la création de liens avec des associations artistiques locales : troupes de théâtre, orchestres, bandas de ville, FSGT, etc. Il s’agit d’aider à propager la culture dans des zones où elle est absente et où la jeunesse est présente en masse (des IUT aux lycées agricoles).
Là où il n’y a pas d’associations, il faut permettre la formation de groupes d’artistes n’ayant pas les moyens de se constituer en association mais porteurs de projets intéressants et prometteurs, comme les groupes de théâtre ou de musique étudiants dans les facultés, par exemple.
Ces actions doivent être ponctuelles et accessibles, telles que des concours de musique (comme cela a été fait dans les années 60 par la JC), des bals, des expositions, des matchs sportifs, des aides aux devoirs, etc. Ces initiatives culturelles ne demandent pas un investissement à long terme, mais doivent s’inscrire dans une dynamique de massification du mouvement.
Ces actions doivent être politisées, directement ou indirectement. Par exemple, si nous organisons des projections de films, ceux-ci doivent être critiques du système ou contribuer à diffuser nos idées.
Il ne s’agit pas de limiter ces actions à des périodes électorales, mais de maintenir une cadence régulière d’actions culturelles, au moins tous les trois mois, dans un lieu fréquentés en masse par la jeunesse.
Cette régularité est essentielle pour faire croître notre influence et accroître la massification du MJCF.
Un militantisme culturel porteur de victoires idéologiques :
Les résultats d’un militantisme plus culturel entraîneront des victoires idéologiques concrètes :
Nous serons le seul mouvement politique à mettre en œuvre une telle stratégie de manière aussi importante, ce qui nous permettra de nous démarquer des autres formations politiques.
Nous atteindrons des jeunes influencés et tentés par le RN ou l’abstentionnisme, non pas par des moyens détournés, mais en prenant en compte un aspect négligé par trop de formations politiques.
Cela permettra également au MJCF de s’implanter profondément dans les milieux de jeunesse et de mener un travail d’éducation politique indirectement, facilitant ainsi la massification de notre mouvement.
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