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par Guilhem de Bourmont - MJCF44

Statuts

Le 43e

congrès n’a pas été un congrès statutaire dans le sens qu’il n’a pas modifié nos
statuts. Ce même congrès a pour autant adopté un certain nombre de mesures qui aurait
peut-être nécessité un changement de statut. Qu’importe, nous sommes au 44e
congrès, nous allons donc modifier orientations et statuts.
Tout d’abord, nos statuts ont la qualité d’être assez souple quant à l’organisation de notre
mouvement. Selon le développement des fédérations, la structuration est différente et
c’est très bien qu’il y ait cette souplesse entre groupes, unions de ville et niveau fédéral
(puis niveau national).
De même, cela permet au niveau fédéral de prendre le temps de mettre en place un
organe de décision, comme le conseil départemental, d’en éprouver le fonctionnement et
de l’activer pleinement.
Cette partie de nos statuts est donc très importante pour une organisation comme la nôtre
qui se construit.
Cependant, un certain nombre d’éléments sont à modifier ou plus développer.

I – Unions de ville

Le premier concerne nos unions de ville. J’ai la chance d’être coordinateur de l’union de
ville de Nantes (normalement il y a deux UV à Nantes, je m’occupe des deux à titre
temporaire) et notre activité se développe relativement bien même si on retrouve les
mêmes problèmes qu’ailleurs (trouver les militants selon disponibilités et capacités, etc),
ce qui nécessite un travail d’organisation à ce sujet. On commence même à développer
des groupes. Donc sur cette UV pas de problème. À Saint-Nazaire et sur la côte atlantique
idem : une union de ville est en train de se construire.
Mis à part ces deux UV, qui concernent les deux plus grandes villes du département de
Loire-Atlantique, autant dire qu’il n’y a pas d’activités des jeunes communistes. Pourtant,
lors de la campagne des législatives anticipées, nous avons bien vu qu’il y avait besoin de
militer en dehors des grandes villes. Que dans les moyennes et petites villes il y a des
lycées, des jeunes travailleurs.
Il y a donc une question sur notre capacité de développement en dehors des grandes
villes. Quelques camarades JC sont domiciliés dans les périphéries voire en ruralité, mais
militent peu, car sont souvent seuls (et le militantisme seul est à déconseiller). De même,
des difficultés sont présentes comme le transport (nécessité d’un véhicule et d’un permis
de conduire) et le temps (déjà qu’on a peu de disponibilité, il faut aussi rajouter le temps de trajet
qui peut être considérable).
Pour régler ce problème, trois mécanismes sont à mettre en place :
– parler aux jeunes habitants de ces petites villes et ces villages de leurs difficultés propres
(transport, travail, activités) à mettre en articulation avec notre discours communiste, et
cela par une communication spécifique (réseaux, affiches, tracts).
– militer au plus près, dans des endroits où l’on retrouve des jeunes (foyers de jeunes
travailleurs, lycée d’une moyenne ville) de manière relativement régulière (une fois par
mois), ce qui demande trois choses : mettre en relation les camarades JC isolés avec des
camarades PCF présents et développer des relations PCF/JC pour militer sur des sujets
propres aux jeunes, mettre en place des groupes mobiles (des camarades de grandes
villes peuvent aider des camarades JC isolés à militer à un endroit, une fois par mois
environ selon disponibilités de chacun) et organisation ponctuelle dans l’année
d’évènements ou d’actions coup de poing dans certains lieux périphériques ou ruraux.
– assurer à nos militants isolés les mêmes droits et les mêmes formations que les autres
camarades, en utilisant les outils modernes qui sont à notre disposition, même si cela
n’est pas toujours pratique.
Tout cela nécessite un travail de développement que toutes les fédérations ne peuvent
pas faire, déjà occupées par développer leurs activités dans les grandes villes. Une aide
dans le matériel de communication et de militantisme doit être apportée là-dessus, mais
cela ne suffira pas. Une chose est sûre : si nous voulons être majoritaires, il faut parler à
toutes les jeunesses, y compris celles, nombreuses, en dehors des centre-villes.

II-Secteurs

Le second est un sujet qui revient souvent lors des congrès du MJCF : l’Union des
étudiants communistes. Depuis 2019, l’UEC est beaucoup moins autonome et beaucoup
plus intégrée au MJCF qu’avant. En tant que secteur des étudiants, l’UEC a donc ses
propres assemblées générales et ses propres conférences. Si la situation des étudiants
est particulière, pourquoi ne pas avoir d’Union des lycéens communistes ou d’Union des
jeunes travailleurs communistes qui concernent des jeunes avec des situations tout aussi
particulière ?
Bien sûr, les étudiants font face à des difficultés particulières liées à leurs études, mais la
division étudiants / autres JC est-elle nécessaire ? Ne peut-on pas considérer le secteur
étudiant comme un simple secteur au même titre que les lycées et les jeunes travailleurs ?
Dans des villes comme Nantes, les écoles supérieures ne sont pas toutes concentrées sur
une même fac, mais beaucoup plus dispersées. Beaucoup de facs sont sur le campus du
Tertre (nord), mais il y a aussi des écoles sur l’Île de Nantes (sud), ou à l’ouest de la ville.
Il paraît alors beaucoup plus efficace de permettre aux unions de ville ou aux groupes
mêmes la possibilité de militer sur des campagnes étudiantes. Pour des raisons
géographiques, mais aussi sociales : beaucoup d’étudiants sont aussi des jeunes
travailleurs (40 % des étudiants sont contraints de se salarier).
Qu’il y ait des discussions entre étudiants au sein de la JC (assemblées générales,
conférences) n’est pas impossible au sein d’un secteur particulier. De même, il faut faire
pareil pour les lycéens et les jeunes travailleurs. Prenons un exemple : nos positions sur la
réforme du bac pro reprennent beaucoup des propositions des syndicats de professeurs
en bac pro. C’est très bien, mais cela ne prend pas en considération les revendications
même des lycéens professionnels.
Supprimons donc l’UEC, et créons à la place un secteur étudiant à côté de secteurs
lycéens et travail, au sein de nos commissions campagnes dans nos CD. Ces secteurs
seront chargés de réunir les camarades concernés pour discuter et débattre de nos
revendications et de l’actualité de ce domaine, et de préparer la communication pour nos
campagnes locales (ou nationales avec les secteurs nationaux). L’organisation des actions
par les UV et les groupes se fera en lien avec ces secteurs.

III-Centralisme démocratique

Enfin, le dernier élément concerne l’organisation générale de nos statuts. Au dernier
congrès, nous avons adopté le centralisme démocratique, résumé par la célèbre phrase :
« liberté dans la discussion, unité dans l’action ». Ce centralisme démocratique signifie
que chaque organe du MJCF est responsable devant l’organe inférieur (qui l’élit et peut le
révoquer) et devant l’organe supérieur (qui vérifie que la ligne adoptée collectivement est
respectée dans les campagnes et la communication).
Ces mécanismes sont déjà un peu installés, notamment avec l’élection de nos organes de
direction, et la nomination de suivis de fédérations par le Conseil national.
Première réflexion : nos outils d’élection et de révocation sont tout à fait justifiés et il n’y a
pas de problème là-dessus. De même, il est possible pour des camarades de présenter
des organes alternatifs à la direction sortante, ce qui est aussi un mécanisme
démocratique indispensable. En revanche, il y a peu d’informations là-dessus pour
beaucoup de nos membres peu actifs. Il serait donc utile de donner à chaque nouveau
adhérent un petit livret expliquant synthétiquement nos orientations et notre
fonctionnement. La démocratie est beaucoup plus active lorsque chacun connaît un peu
mieux les règles qui la régissent.
La seconde réflexion est d’ordre centraliste. Une fois nos orientations votées et nos règles
fixés, il arrive que des camarades, parfois en responsabilité, transgressent ces règles et
disent ouvertement, au nom de la JC, des positions qui ne sont pas les nôtres.
Aujourd’hui, c’est la direction nationale qui s’occupe de cela avec les directions fédérales,
parfois de manière un peu improvisée. C’est d’autant plus ardue que les Bureaux fédéraux
concernés connaissent les camarades incriminés et sont parfois peu formés sur la
manière de gérer des conflits de tel ou tel type.
Il est temps pour le MJCF de se doter d’une commission des conflits, élue par le congrès,
chargée de recevoir les plaintes anonymes des camarades et de traiter les conflits qu’il
peut y avoir. Cette commission doit être représentative territorialement de notre
mouvement, afin d’éviter que juges et accusés ne se connaissent, ce qui peut influencer la
procédure.

Pour conclure, notre organisation se développe partout en France tout en portant un discours communiste. À nous donc de renforcer le MJCF et de porter nos revendications dans tout le pays.

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