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par Jahelle Ramville - MJCF 69

Pour une organisation aux pratiques féministes

A – Structuration

1 – Commissions :

Dans chaque fédération, la création de commissions féministes doit être encouragée ! Si une ou un camarade souhaite animer cette commission, la coordination doit lui donner la possibilité de le faire (peu importe qu’iel soit en responsabilité ou pas). Souvent, cela permet à une camarade de prendre des responsabilités et d’être formée dans notre organisation où il y a encore trop d’hommes en responsabilité comparé au nombre de femmes. De plus, cela permet d’être certain que ce sujet soit bien abordé au sein d’une fédération. Cela peut mettre le doigt sur des problèmes de comportement misogyne au sein d’une fédération, ce qui peut permettre de régler les problèmes avant qu’ils ne deviennent trop graves. Enfin, cela nous donne l’occasion de massifier et d’avoir plus de femmes dans l’organisation et de tendre vers une parité. Ces commissions sont animées par des camarades qui doivent rapidement recevoir une formation de cadre. Elles ont pour but d’insérer le sujet du féminisme dans toutes nos campagnes, d’en mener spécifiquement sur le sujet du féminisme, de produire du matériel thématique ou des formations, d’organiser des réunions en non-mixité, etc.

2 – Non-mixité :

Des réunions en non-mixité peuvent être convoquées par cette commission. Ce mode d’organisation est précieux, car il permet aux femmes de mieux dialoguer et échanger sur des problèmes internes à la fédération sans être potentiellement coupées ou décrédibilisées. Les problèmes pointés ainsi que les potentielles solutions sont alors remontés au comité directeur ou à la coordination afin de mettre en place des solutions. À noter que les réunions en non-mixité sont consultatives, les décisions étant forcément prises avec l’ensemble des camarades.

B – Formation

Les formations sont créées et données soit par le national, soit par les militant·e·s et cadres. Il existe deux types de formation : les formations théoriques, pour améliorer l’analyse, et les formations préventives. Ces dernières permettent d’aborder le sujet du consentement et aident les militants à déconstruire des visions erronées du viol, des agressions sexuelles et du consentement afin de favoriser une remise en question. Cela est important pour que les femmes puissent se sentir plus en sécurité au sein de la JC. Elles permettent également aux militant·e·s de mettre des mots sur leur vécu et de déceler de potentiels agresseurs dans notre base militante pour agir en conséquence.

C – Gestes d’organisation

1 – Affichage de la Procédure VSS :

Plusieurs gestes d’organisation doivent être mis en place. Tout d’abord, dans la fédération, il est important d’afficher et de mettre en avant la procédure en cas de VSS, les numéros à appeler (le CFCV) et les camarades formé·e·s et responsables de gérer les VSS dans cette fédération.

2 – Les soirées :

Ensuite, puisque les soirées sont un moment où les comportements des hommes sont à surveiller (on est dans un cadre informel, présence d’alcool, etc.), il est important d’instaurer un rappel rapide : à la JC, les VSS ne sont pas tolérées, rappelé les statuts en ce qui concerne les purges et indiquer où se trouve la feuille avec la procédure en cas de VSS et les numéros à appeler (CFCV et camarades formé·e·s). On peut également afficher cette information dans les toilettes pour l’occasion.

3 – Tours de parole :

D’autre part, lors des réunions, instaurer des tours de parole est essentiel pour éviter de se couper la parole (en général, ce sont souvent les femmes qui sont coupées). Pour qu’on entende autant les hommes que les femmes, ne pas hésiter à faire remonter les femmes dans les tours de parole quand on a eu beaucoup d’hommes qui se sont exprimés, etc.

4 – Division genrée du travail militant :

Enfin, il faut être attentif à la division genrée du travail au sein de la fédération. Il est important de veiller à ce que le ménage après les soirées, la vaisselle après les réunions ne soient pas systématiquement effectués par les femmes de la fédération. Il faut être conscient que socialement, ce sont les femmes qui pensent à le faire et qui s’y mettent plus que les hommes. Mais c’est notamment aux cadres d’y faire attention et de demander à d’autres camarades de se relayer régulièrement. Pareil pour le travail militant : essayer de faire en sorte que les groupes soient le plus mixtes possible, pour que tout le monde pratique le plus de formes de militantisme possible. Mais aussi pour l’image que l’on renvoie, et pour massifier chez les femmes.

D – Des VSS au sein de l’organisation ?

1 – Violence sexiste et sexuelle :

Pour ce qui est de la gestion des VSS, nous travaillons avec une structure extérieure qui recueille les témoignages et nous les transmet anonymement (le Collectif Féministe Contre le Viol) avec l’identité de la personne accusée et la nature de la VSS. Ce système permet d’éviter les conflits d’intérêt et protège l’organisation d’un point de vue légal ; c’est le moyen le plus direct d’exclure nationalement un agresseur de l’organisation. Néanmoins, il arrive qu’une victime s’adresse directement à sa coordination et ne souhaite pas appeler ce collectif pour de nombreuses raisons possibles. Dans ce cas, l’important est d’exclure au plus vite l’agresseur de l’organisation tout en garantissant l’anonymat de la victime. On doit faire remonter le cas au national pour que l’agresseur soit exclu nationalement de l’organisation. Dans tous les cas, il est impensable de laisser un agresseur à la JC.
L’agresseur, une fois exclu, doit être convoqué et doit comprendre le motif de son exclusion, tout en garantissant l’anonymat de la victime ; en aucun cas le témoignage ne doit être transmis à l’agresseur.

2 – Comportement sexiste :

Pour les comportements sexistes qui ne justifient pas immédiatement une exclusion, il est tout de même important de réagir pour éviter d’instaurer plus durablement ces comportements. Lorsque des comportements sexistes sont repérés par des militants, ils peuvent demander l’organisation d’une réunion en non-mixité pour en parler avec les autres femmes de la fédération. Cela peut être utile pour faire remarquer des problèmes généralisés et normalisés. Sinon, dans tous les cas, l’adhérente doit prévenir un ou une cadre de la fédération pour qu’il règle le problème. Si un comportement problématique est détecté par un cadre, celui-ci doit essayer de mettre fin à ce comportement dans l’immédiat pour éviter de mettre mal à l’aise plus longtemps la camarade. Ensuite, il est important de convoquer le camarade pour avoir une discussion avec lui et être clair sur les comportements acceptables ou non. Ensuite, selon la gravité, on doit pouvoir organiser des formations, exclure temporairement, exclure dans l’attente d’une formation, etc.

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