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par François-Xavier Bobrie - MJCF 75

Pour une organisation de jeunesse implantée dans la ruralité

I. La jeunesse rurale au carrefour des abandons politiques et de la prédation extrême-droitière

La jeunesse rurale est confrontée depuis des décennies à des difficultés prégnantes. Ces difficultés sont pour partie causées par la nature même de la société rurale moderne.
D’autres difficultés sont en revanche le produit d’un abandon des politiques gouvernementales. Il en résulte des manquements pour les collectivités locales, sous-financées, comme le manque de transports, la faible présence de structures culturelles, le recul spectaculaire de l’accès à la santé ou bien encore la disparition des lieux de rencontre de cette jeunesse. (associations sportives, cafés, petits commerces, etc…)

On assiste à un isolement de la jeunesse rurale, une relégation et un abandon qui ne sont pas que des sentiments, mais des réalités sociales qui touchent avec d’autant plus de violence la jeunesse de la classe travailleuse, qui subit aussi la violence de classe et la sélection avec Parcoursup.

L’insulte que représente cet abandon de la jeunesse rurale est exploitée par l’extrême-droite, Rassemblement National en tête. Loin des discours simplistes sur la “gauche des villes” et la “droite des territoires enracinée”, il ne nous faut pas minimiser l’impact de la communication des réactionnaires et l’ancrage certain dont ils bénéficient en milieu rural.
Le RN parvient en effet à avoir un vote de la jeunesse rurale en jouant de cet épouvantail de la gauche “des centres-villes”, en se clamant “anti-système”, en exploitant le chauvinisme régional et le nationalisme sur fond d’ “enracinement”, termes qui ne sont pas grand-chose d’autre que des mots d’ordre. De plus, il y a chez un certain nombre de jeunes partisans ruraux du RN une adhésion avant tout permise, car l’environnement familial et amical avait déjà normalisé les idées du RN il y a bien des années. Ce phénomène est en partie dû à une désertion militante de gauche, qui aurait pu ralentir cette progression.

Il y a par conséquent un besoin criant pour le MJCF d’aller parler à cette jeunesse populaire rurale. Celle-ci est peu confrontée à la parole politique militante, encore moins à celle de gauche.
Le rôle du militantisme dans les milieux ruraux, dans la situation favorable au RN que nous connaissons, est de donner une réponse à la volonté d’engagement d’une partie de cette jeunesse, non acquise au RN, déjà politisée à gauche et peut-être communiste. Au-delà de cette frange minoritaire, notre rôle est d’engager la conversation, d’attirer l’œil sur notre présence en augmentation, là où nous n’étions plus depuis des années, dans l’optique de nous y implanter. Cet objectif réclame la définition de thèmes et de méthodes claires.

II. Militer dans la ruralité

A. Adapter notre discours

Il n’est bien évidemment pas question de renier nos revendications sur les droits des travailleurs, de la jeunesse, sur la libération du peuple palestinien, sur l’anti-impérialisme, sur la ligne révolutionnaire qu’est la nôtre.

Il s’agit ici d’ajouter à notre discours de nouvelles revendications en lien avec les réalités de la ruralité, à ses problématiques et si possible aux problématiques locales. Développement des transports, dénonciation des augmentations de tarifs, gratuité du permis de conduire, besoin de culture, de structures sportives, services publics, accès aux soins… En bref, les sujets ne manquent pas. Il convient alors d’accorder le matériel militant à ces nouveaux thèmes de campagne.

B. Adapter nos gestes militants

Du fait de l’éclatement de l’habitat en zone rurale, de la faible mobilité, il y a une nécessité à organiser l’action militante au plus près du lieu de vie de chaque adhérent. Les actions doivent s’orienter vers les lieux de rencontre des jeunes.

Bien souvent les nouveaux adhérents ruraux finissent par arrêter de militer, ou bien ne peuvent absolument pas mener d’actions, car isolés d’autres militants du MJCF. L’adhérent doit alors être mis en contact, s’il le souhaite, avec des militants du PCF, beaucoup plus nombreux, qui pourront l’orienter et contribuer à sa formation.

III. Intégrer les militants ruraux

Le MJCF est une organisation démocratique qui permet à chaque adhérent l’exercice de droits : participation à la prise de décisions, formation théorique et pratique.
Par ailleurs, notre organisation politique est particulièrement reconnue pour sa faculté à former ses militants. La formation politique est la clé de la création et du développement d’une organisation de masse et permet de maintenir le lien entre les militants. Il faut former à la fois théoriquement, mais aussi pratiquement pour que tous soient conscientisés politiquement et efficaces dans leurs gestes.

Aujourd’hui, nous ne pouvons pas ignorer qu’une grande partie des adhérents de fédérations rurales connaissent des difficultés dans leur suivi, leur participation à la démocratie interne ou encore leur formation.
Le principal obstacle réside dans les problèmes de transports : beaucoup n’ont pas le permis de conduire, les services de transports sont trop peu développés et les distances à parcourir trop longues pour se rendre à la fédération ou la section. Cela ressort particulièrement dans les petites villes et les villages.

Face à cela, car il s’agit des droits de l’adhérent.e au MJCF et d’une nécessité politique. Il faut trouver des alternatives pour donner la possibilité à chacun.e de jouir de ces mêmes droits, peu importe où l’on vit.

Chaque fédération doit donc proposer d’assister à une formation en visioconférence. Ce dispositif doit aussi être mis en place lors des stages nationaux, qui, par manque de moyens ou de temps, sont inaccessibles aux adhérents hors de région parisienne, ce qui crée une rupture spatiale. Il convient également de pouvoir participer en visioconférence aux assemblées générales de section et de fédération.

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