Militantisme
par Tom Landry - UEC 92Sans pratiques de masse, pas d’organisation de masse
L’ambition de faire de notre organisation une organisation de masse au sein de la jeunesse de notre pays ne laisse que peu de place aux débats. Toutefois, il nous faut penser le contenu de l’organisation de masse que nous appelons de nos vœux. Pour cela, il nous faut questionner nos pratiques militantes, leurs buts et leurs formes.
I. Leurs buts : intéresser, rassembler, politiser
a. Intéresser :
L’objectif des pratiques militantes de masse doit être, tout d’abord, de présenter nos revendications et débats sous le jour le plus intéressant que possible. Pour cela, miser sur les centres d’intérêt de notre milieu semble être le moyen le plus efficace. Nos pratiques doivent être intéressantes au-delà de l’aspect revendicatif. Par exemple, les ciné-débats ou les tournois sportifs sont des activités qui, au-delà des revendications qu’on y accole, sont intéressantes en soi. Et cela, pour deux raisons principales : d’abord car elles permettent l’accès à des activités culturelles ou sportives, mais aussi, et presque surtout, car elles créent un cadre simple de rencontre et de sociabilité entre les participants.
b. Rassembler :
Attention, il semble toutefois important de ne pas confondre notre volonté de développer des pratiques intéressantes avec une ambition à l’originalité à tout prix. Des pratiques militantes qui permettent de développer l’intérêt de leur « cible » ne sont pas nécessairement originales. Par exemple, le pique-nique, l’apéro ou la soirée politique constituent des pratiques de masse par excellence sans aucune ambition à l’originalité. L’organisation de masse n’a pas comme ambition de se différencier, au contraire, elle a comme ambition de rassembler autour de combats communs. En témoignent les pratiques de corporations étudiantes apolitiques au sein du monde associatif estudiantin (ex : la FAGE) qui réussissent brillamment à rassembler les étudiants de leur établissement autour de temps de sociabilité simple et ouvert. La popularité de leurs pratiques, qui bien qu’elles n’ont aucun caractère politique, ou revendicatif, doit nous questionner sur les raisons de leur succès.
c. Politiser :
Ces pratiques de masse doivent, enfin, avoir comme objectif final de politiser leurs audiences. Dans l’objectif, évidemment, de développer la conscience de classe de la jeunesse de France. Et a fortiori de la faire adhérer à notre organisation. Le tout, grâce à un contenu qui reste politique en se basant sur des revendications d’améliorations concrètes des conditions matérielles de vie (exemple : l’accès au logement ou à un travail digne) ainsi qu’à des aspirations de la jeunesse (exemple : la paix et la liberté pour le peuple palestinien).
II. Leurs formes : ouverte, ouverte, ouverte
Pour ce qui est de la forme de ces pratiques de masse, elles devront être les plus accessibles possible. Cela pour permettre au plus grand nombre de jeunes de s’y investir. Leur caractère « ouvert » est à entendre sur le fond comme sur la forme.
Ouvert sur le fond, cela signifie que n’importe quel jeune, politisé ou non, devra y trouver sa place et pouvoir en être un « consommateur » potentiel. Au-delà de faire l’effort de construire ces événements de façon à accueillir au mieux des jeunes non-politisé. Ces évènements doivent être pensés intégralement dans leur direction. Par exemple, qu’on le veuille ou non, un atelier lecture du Manifeste du parti communiste sera beaucoup moins accueillant et accessible qu’un ciné-débat sur Chicken-run qui nous amènerait à développer la question de la conscience de classe. L’objectif d’une organisation de jeunesse de masse n’est pas de rassembler les jeunes déjà politisés mais bien de politiser la jeunesse qu’elle rassemble.
Pour ce qui est de la forme. L’accessibilité d’une action politique de masse s’entend aussi d’un point de vue logistique et organisationnel. Organiser nos actions au plus proche des lieux de vie, de travail ou d’études des jeunes est une exigence, qui permettrait de toucher des publics qui ne se seraient pas déplacés pour participer à un de nos évènements. Par exemple, la pratique montre qu’un événement organisé dans la salle commune d’une cité universitaire ou d’un foyer de jeunes travailleurs à bien plus de chances d’être une réussite que d’appeler à nous rejoindre dans nos locaux.
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