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par Mathilde Mossler - MJCF 87

S’implanter en milieu scientifique

Dans nos fédérations, une problématique semble se poser assez régulièrement : celle de l’implantation en milieu scientifique (facultés de science, classes préparatoires, écoles supérieures,…)

Les raisons à cela sont multiples :
– Depuis des années, afin de s’adresser aux étudiant-e-s, nous concentrons nos efforts sur les campus littéraires, où les jeunes apparaissent plus ouverts à nos idées et où les volumes horaires laissent plus de temps à l’engagement (politique, syndical, associatif). De plus, ces filières proposent généralement des cours en lien, direct ou indirect, avec nos idées, créant une porte d’entrée à l’engagement chez les étudiant-e-s. Ces campus présentent également des problématiques nous permettant une adresse à ces jeunes (manque d’enseignant-e-s, sélectivité de plus en plus présente, réduction de l’offre pédagogique dans les universités de proximité…). Le contexte historique a longtemps favorisé notre militantisme sur ces sites.
– A contrario, les milieux scientifiques peuvent sembler plus impressionnants, car dès le plus jeune âge, ces filières sont présentées comme élitistes et difficilement accessibles. Pour nos militant-e-s étudiant-e-s plus souvent issus de filières littéraires, ces sites sont donc bien moins abordables. Ces filières présentent également souvent des emplois du temps plus contraignants avec des volumes horaires plus importants, particulièrement en IUT, laissant moins de place à l’engagement militant. De plus, contrairement aux filières littéraires, les filières scientifiques n’ont pas de cours permettant réellement les réflexions d’ordre sociales.
– Les questions des filières dites « d’excellence » est également à poser : doit-on s’adresser aux étudiant-e-s en classes préparatoires ? en grandes écoles ? Attention à ne pas tomber dans une posture gauchiste comme peuvent le faire certaines organisations de jeunesse. Oui, ces filières sont hautement sélectives et élitistes. Cependant, ce n’est pas pour autant qu’il faille délaisser ces étudiant-es. Bien que ce système soit à critiquer, il ne faut pas pour autant cesser de s’adresser à ces étudiant-e-s qui font face aux mêmes problématiques que les étudiant-e-s en faculté, et qui sont souvent bien plus éloignés de la vie politique et de la vie de l’Université.

Ne pas s’intéresser à ces milieux ou pire, en délaisser certains à cause de préjugés, nous éloigne considérablement de notre objectif d’organisation de masse.
Toutes les raisons présentées précédemment expliquent, au moins partiellement, le manque de représentativité des étudiant-e-s issu-e-s de filières scientifiques dans notre organisation. Alors que faire ?

Il est évident que se poser la question ne suffit pas. Face à ce constat, nous devons donc mettre en place des gestes afin de changer cela.
– Cibler les sites où militer afin de ne pas se disperser : cela est vrai pour toutes nos tentatives d’implantation, mais ça l’est particulièrement lorsqu’on souhaite militer hors de notre zone de confort. Si un/des étudiant-e(s) sont déjà en filière scientifique, les convaincre à militer régulièrement sur leur site est essentiel. Cependant, si ce n’est pas le cas où si c’est impossible, il faut alors faire une analyse de tous les sites à disposition et choisir le plus pertinent, selon la proximité des militant-es, taille du site, problématiques spécifiques… Une faculté scientifique peut être le plus simple à aborder, car son fonctionnement est le même que les autres composantes de l’Université, ce qui est moins le cas des IUT, écoles et classes préparatoires. Mais ces derniers présentent également des avantages, ces sites n’étant que peu considérés par les autres organisations et ayant moins, voire pas d’associations étudiantes, le militantisme politique suscite de la curiosité chez les étudiant-e-s qui seront plus enclins à écouter une adresse qui leur est adaptée.
– Adapter son adresse aux filières scientifiques : ces étudiant-e-s étant généralement plus pragmatiques, mais également plus dépolitisés, il est nécessaire d’adapter son argumentaire et de proposer des débouchés concrets. Ajouter une dimension très factuelle et scientifique à son argumentation est nécessaire, et le choix des sujets doit être pertinent. Des sujets comme l’écologie sont très bien reçus, le plan climat 2050 du PCF pouvant servir d’argumentaire afin d’avoir une bonne accroche. A contrario, des argumentaires purement théoriques seront plus compliqués à mener, par exemple sur les questions internationales, qui nécessitent plus de travail pour adapter l’adresse. Pleins d’autres thèmes peuvent être abordés, car ils sont hautement dépolitisés : sélectivité des filières, financement de la recherche, recherche scientifique et développement de l’armement, éthique et intelligence artificielle… Les adresses ne manquent pas !
– Organisation d’évènements : proposer des conférences, des temps de convivialité, de débat… est très bien reçu, car comme dit précédemment, ces sites sont souvent moins concernés par ces évènements. Toutes ses initiatives peuvent alors permettre d’aborder plus en profondeur les thèmes cités plus haut.

Il est donc capital de se saisir de ces questions et de ces gestes afin de permettre une meilleure représentativité au sein du MJCF.

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