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par Lola Bocs - MJCF 87Protection de l’enfance
Intro
Aujourd’hui, en France, la jeunesse n’est pas protégée comme elle le devrait. Des milliers de jeunes de moins de 18 ans subissent des formes de maltraitances sans recevoir l’aide nécessaire suite à de nombreuses défaillances dans le cadre social, juridique ou encore éducationnel.
I) La maltraitance et ses formes
La maltraitance vise toute personne en situation de vulnérabilité lorsqu’un geste, une parole, une action ou un défaut d’action compromet ou porte atteinte à son développement, à ses droits, à ses besoins fondamentaux ou à sa santé et que cette atteinte intervient dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d’accompagnement.
Ces maltraitances prennent dans 54% des cas la forme de violences psychologiques. Celles-ci représentent toute forme de parole ou d’acte qui pourraient affecter l’enfant dans son amour-propre, dans l’estime et le respect de sa personne. Et dans 36.2% des cas, elles se réalisent sous forme de violence physique, incluant tout usage délibéré et non accidentel de la force.
Dans le cas de VSS, ce sont 160.000 enfants qui sont victimes chaque année, et dans 8 cas sur 10, ce sont des jeunes filles.
Cela peut engendrer de graves séquelles, de tels traumatismes favorisent l’apparition de troubles comportementaux et psychiques (anxiété, dépressions, alcoolisme, tabagisme, toxicomanie, prostitution etc) voire le handicap du jeune, pouvant lui-même entraîner de nombreuses discriminations. De plus, à l’adolescence, cela provoque une susceptibilité accrue de connaître des situations sociales précaires (MST, grossesses précoces, problèmes de logements, difficultés d’apprentissage, prostitution, etc).
II) La protection de la jeunesse française
Aujourd’hui, la France compte 68,17 millions habitants dont 20,9% ont moins de 18 ans, soit 14,25 millions de jeunes français. Parmi eux, 40.000 déclarent une situation de danger dont l’auteur est, dans 9 cas sur 10, un membre de la famille proche et, dans 8 cas sur 10, un responsable légal de la victime. Cependant, ces chiffres déjà alarmants ne sont qu’une estimation. En effet, 80% des victimes attestent avoir gardé le silence lors des faits par peur des répercussions, du regard ou encore par manque d’accompagnement.
La protection de l’enfant comprend deux volets spécifiques celui de l’assistance éducative correspondant à l’enfant en danger (problèmes éducatifs, maltraitance, non-identification des besoins fondamentaux de l’enfant par les parents …) et celui pénal qui vise à appréhender le mineur délinquant dans sa spécificité de personne vulnérable en construction avec une priorité éducative.
D’abord, les procédures d’identification de l’enfance en danger, si elles se sont étoffées (signalement, information préoccupante avec des circuits clairs entre autorité administrative et judiciaire) peinent à percer l’intimité de la cellule familiale. Les procédures judiciaires peuvent être longues, notamment au pénal lorsque le mineur est victime, ce qui entraîne une incertitude pour les enfants et les familles et peut entraîner une accentuation des traumatismes de la victime. Cela peut s’expliquer par le manque d’effectif dans les juridictions qui traitent des affaires de protection de l’enfance comme les Juges des enfants, mais également le manque d’acteurs au niveau social (assistantes sociales, éducateurs) et de politique volontaire quant à la prise en compte des dangers de l’enfance.
Ensuite, une fois la décision de placement ou de protection prise, il peut y avoir un manque de suivi adapté et continu. Parfois, les décisions du juge des enfants ne sont pas mises en œuvre de manière effective, en raison de ressources insuffisantes ou encore de l’obligation de concilier avec les droits des responsables légaux qui peuvent entrer en conflit avec la nécessité de protéger l’enfant.
De plus, bien que la loi prévoie que l’enfant doive être entendu dans certaines procédures judiciaires (en fonction de son âge et de sa maturité), cela reste un processus délicat. Souvent, l’enfant n’a pas la possibilité d’exprimer pleinement son ressenti, ses besoins et ses attentes face aux décisions prises. De plus, le diagnostic des traumatismes n’est pas toujours pris en compte de manière appropriée.
Les familles d’accueil jouent un rôle crucial dans la protection de l’enfance. Cependant, elles ne bénéficient souvent pas d’une formation adéquate pour gérer les séquelles liées aux traumatismes subits par les enfants, qui sont parfois déplacés plusieurs fois d’une famille à une autre ou d’un foyer à un autre, empêchant la création d’un lien d’attachement sécure nécessaire à leur développement. De plus, la rémunération des familles d’accueil est souvent insuffisante en comparaison avec leurs responsabilités et ne couvrent parfois pas entièrement les frais liés à l’accueil d’un enfant (vêtements, nourriture, soins médicaux ou psychologiques, etc.).
III) Combattre les violences et accompagner les victimes.
Il est donc primordial de renforcer les moyens financiers et humains. Il faudrait allouer davantage de ressources financières aux services sociaux et aux structures d’accueil. Cela inclut le financement des services de prévention, des équipes de travailleurs sociaux, des formations spécialisées et des foyers d’accueil. Mais également augmenter le nombre de travailleurs sociaux, d’éducateurs spécialisés, de psychologues et de juges des enfants. En parallèle, une formation continue de qualité pour ces professionnels doit être assurée.
Il serait également important de mettre l’accent sur la mise en place de dispositifs de prévention pour identifier en amont les situations à risque plutôt que de se concentrer uniquement sur les mesures curatives (placement d’enfants, retrait de la garde) qui peuvent aggraver les situations déjà compliquées des victimes. De plus, plus de 150 Juges des enfants manquent ainsi qu’un grand nombre d’éducateurs spécialisés. Ensuite, l’éducation des professionnels de santé, des enseignants et de tous les individus est donc une priorité pour déceler les problèmes de maltraitance et apporter une aide rapide et adaptée aux enfants.
Enfin, offrir de bonnes conditions de vies aux jeunes est crucial. Cela passe par l’augmentation du nombre de structures d’accueil et un meilleur financement, mais aussi par un suivi psychologique adapté et régulier de la victime, des systèmes de formation et d’insertion pérennes et ouverts pour tous les jeunes. De même, de véritables actions sur la parentalité seraient nécessaires.
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