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par Axel M. - MJCF 37

Pour une culture de l’antifascisme au MJCF

Pour une culture de l’antifascisme au MJCF

Avec les victoires électorales du Rassemblement national aux élections européennes et aux élections législatives (dans une moindre mesure), les fascistes s’organisent à une vitesse grand V. Les groupuscules disciplinés, organisés et entraînés se renforcent et préparent, dans le calme, l’arrivée au pouvoir du RN en 2027. Nous, communistes, n’avons pas de temps à perdre. Les élections municipales arrivent à grands pas et serviront de tests pour le RN, qui prévoit déjà d’investir via son ami bourgeois Pierre-Édouard Stérin des centaines de millions d’euros dans cette campagne, comme l’a révélé L’Humanité cet été.

De l’autre côté, le mouvement ouvrier, dont le MJCF fait partie, doit se préparer à cette prise de pouvoir des fascistes que nous ne saurions, seuls, empêcher. Il est urgent que les communistes retrouvent leur place dans l’antifascisme de terrain. Que ce soit pour leur résister, pour répondre à leur attaque ou tout simplement pour imaginer une perspective révolutionnaire dans le futur, nous devons remettre au cœur de nos activités certaines pratiques vitales, aujourd’hui délaissées.

Confronter l’extrême droite sur le terrain

Dans nombre d’endroits, l’extrême droite, du Rassemblement national aux groupuscules, fanfaronne sur le terrain, perturbe des événements, dégrade. Ils se retrouvent face à un boulevard, ouvert et libre, où personne ne vient s’opposer à eux.

Tout en préservant la sécurité de nos camarades, nous devons réagir, sur le terrain, aux initiatives de l’extrême droite. Nous devons être en capacité de réagir rapidement à leurs actions militantes et montrer que nous sommes présents et que nous ne leur laisserons pas la parole. Nous devons leur tenir tête. Mais pourquoi faire ? Répondre à leurs actions, et médiatiser nos réponses, nous permet de les prendre à leur propre jeu, par leurs sur-réactions et le contrôle médiatique de l’extrême droite. Par exemple, à Tours, nous répondons par de la communication à chaque événement de Des Tours et Des Lys, notre groupuscule national révolutionnaire local. Chacune de leur action devient une polémique, reprise alors par les médias locaux ou bien par les médias d’extrême droite (de Fdesouche à C8 en passant par le JDD et Boulevard Voltaire), les prenant ainsi à leur propre jeu : une action de la JC devient une actualité nationale. Pour conclure ce jeu médiatique, nous nous affichons sur le terrain par une action (sécurisation d’un événement, conférence antifasciste, etc.).

Créer ces polémiques nous permet de nous placer du bon côté de l’affaire et d’obtenir des victoires locales, comme des réactions de la préfecture ou des prises de position d’élus.

Toutes nos pratiques doivent être sous deux mots d’ordre quand nous nous opposons à l’extrême droite : discipline et sécurité. Il ne faut pas mettre nos camarades en danger sur le terrain, même si cela ne veut pas dire qu’il faut alimenter une peur qui pourrait être irrationnelle à certains moments.

Pour une politique d’autodéfense et de pratique sportive au MJCF

Soyons réalistes. De telles pratiques nécessitent une pratique d’autodéfense. À chacune des actions que nous réalisons dans un temps médiatique où nous sommes opposés à l’extrême droite, la question de notre sécurité revient. Et bien souvent, nous manquons de camarades aptes à l’assurer. Ces questions de sécurité se sont d’ailleurs posées lors des élections législatives de 2024 dans toutes les fédérations, et même en dehors du MJCF. Pourtant, 5 mois après, nous semblons les avoir oubliés. Le danger fasciste serait-il éloigné ? Non.

Il est urgent que les militants du MJCF investissent les services d’ordre, que ce soit du PCF, de la CGT, où, à défaut, travaillent avec les différentes organisations de leur territoire dans la construction d’un service d’ordre.

Et qui dit service d’ordre dit sport. En plus des effets positifs sur la camaraderie ou pour des questions de santé, que je laisse le soin à d’autres camarades de développer dans d’autres contributions, le sport doit nous permettre de développer nos actions.

Le MJCF doit permettre à ses adhérents de pratiquer régulièrement du sport. Cela passe par le discours des cadres, qui doivent inciter leurs adhérents qui le peuvent à une pratique régulière, mais aussi par des formations théoriques pour déconstruire les aprioris que certains adhérents peuvent légitimement avoir. S’il est important pour l’épanouissement de nos camarades qu’ils pratiquent un sport qui leur plaît, il est aussi important pour nos objectifs de les inciter à pratiquer des sports ayant un but d’autodéfense, à savoir les sports de combats.

La pratique sportive doit aussi être pensée comme un temps fraternel : sessions de course entre camarades organisées par la fédération ou l’union de ville, partage d’abonnements à la salle de sport, cours organisés par la fédération si les moyens financiers et humains (militant(s) capable de coacher) le permettent. Consciente de la réalité des forces militantes du MJCF, l’organisation de week-end interdépartementaux où la pratique sportive est une des composantes doivent être réfléchis.

En plus de ce que les fédérations peuvent organiser, il faut inciter les camarades n’ayant pas de pratique sportive ou qui seraient repoussés par celle-ci à les faire s’inscrire dans des clubs de sports avec d’autres camarades, déjà pratiquant ou non.

Les questions de sécurité sont aussi relatives aux réseaux sociaux, aux contenus que nous produisons : quand les actions peuvent amener à des répercussions, il est important de flouter les visages (et de faire attention aux tenues des camarades pour qu’elles ne soient pas reconnaissables d’une photo à l’autre). Il est aussi important, dans le cadre plus global d’une arrivée soudaine de l’extrême droite au pouvoir, de sécuriser les communications et les documents internes aux fédérations, en passant par des adresses mails Proton, des groupes Signal, et en n’éparpillant pas les documentations avec des informations sensibles sur un tas de supports.

Profiter de ce que nous avons

Sur le plan théorique, nous disposons de plein de ressources dont nous ne profitons pas assez. L’antifascisme est un héritage des communistes, nous devons faire vivre cette mémoire, de l’Antifaschistische Aktion à la lutte contre le Rassemblement national en passant par la Résistance. Cet héritage doit vivre à travers nos formations théoriques.

Par ailleurs, nous avons nombre de camarades passionnés de sport prêts à travailler à des formations pour produire une analyse marxiste de la pratique sportive, loin du culte du corps.

Pour la pratique, il ne faut pas sous-estimer le matériel qui traîne chez nombre de camarades qu’ils peuvent être disposés à prêter ou donner : chaussures de sports, vêtements, matériel d’entraînement… Les fédérations doivent oser solliciter le Parti communiste français, qui dispose de son service Accueil Sécurité, aptes à former sur des week-ends nos militants à certaines pratiques identifiées en amont. Il ne faut pas avoir peur non plus de solliciter la CGT pour ce genre de formations, qui possède sa propre sécurité à travers la France.

Allons plus loin ?

Notre héritage antifasciste n’a jamais été le simple fait de communistes, mais d’un front uni. Nos pratiques antifascistes, nos services d’ordres, nos moments sportifs pourraient être ouverts à d’autres personnes ou d’autres organisations. Nos pratiques antifascistes ne relèvent pas simplement d’un besoin de faire des cartes ou convaincre des gens que le communisme est la solution aux problèmes du monde, même si nous devons avoir ces réflexions en tête. Nos pratiques répondent d’un besoin urgent et d’une arrivée prochaine au pouvoir du fascisme. Nous devons être capables de fédérer dans cette lutte au-delà des rangs des communistes, pour créer une riposte antifasciste.

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